En juin, je suis allé voir mon ami Dimitri, en lui proposant de faire des vacances ensemble. Ma principale contrainte était de les faire en août, et que ce soit pas cher. Je ne veux pas me ruiner cet été. Je réserve ça pour un voyage au Japon.
Dimitri, il n’aime pas trop se ruiner non plus, par contre, il adore souffrir. Faire du sport à en mourir, c’est sa came. On s’est donc mis d’accord sur l’idée de marcher sur une montagne, se nourrir de graines et dormir en tente ou à la belle étoile. Là-haut, (presque) aucune tentation de dépense, même pas sur internet, la connexion est trop pourrie, et il faut de la batterie pour ça.
La proposition a fait florès, on a recruté du monde intéressé par la montagne et la radinerie. On était 5 sur la convo d’organisation à ses heures de gloire. Puis il y en a un qui a reçu son affectation de futur prof, et surprise, il doit trouver un logement dans une ville inconnue d’une région inconnue. Y en a un qui était censé enchâsser notre plan entre une semaine chez mamie et des randos en Allemagne. Il a fini par admettre que ce serait plus un bourbier qu’autre chose.
Le dernier, Hugo, s’est fait invité par son père pour quelques jours en famille dans les Alpes. Une proposition qui combinait montagne et radinerie, puisque papa paie tout, mais avec plus de confort, et la fierté d’être un bon fils. On l’a perdu.
Il ne reste plus que Dimitri et moi dans le train pour Grenoble. La rando est mal partie pour moi. Dimitri m’avait donné l’horaire du train à choper à Part-Dieu ; bien informé, je suis venu les mains dans les poches. Quand le contrôleur entre dans notre voiture, je réalise que je n’ai pas pris mes billets. C’est la première fois que j’y pense.
Ce qui suit est assez bizarre. Le contrôleur a entendu ma réalisation soudaine « Bordel, je n’ai pas de billets, moi ! ». Quand il vient nous contrôler, je lui dis les yeux dans les yeux : « Je n’ai pas de billet. » Il me fait un regard complice. Je dis « merci ». Je comprends de ce regard qu’il va me laisser tranquille, mais qu’il ne le dira pas à haute voix, pour éviter que les autres voyageurs s’insurgent de mon traitement de faveur. Il contrôle Dimitri, puis reste planté là au lieu de partir.
Quelques secondes gênantes passent avant que je comprenne. Il veut que j’achète mon billet, quand même ! J’ai oublié de l’acheter de bonne foi, donc je l’achète, a minima. J’ouvre l’appli, mais ça bug, la connexion est mauvaise. Je galère, et au bout d’un temps infiniment long, le contrôleur demande : « Mais vous faites quoi ? » Je réponds que j’achète un billet. « Ce n’est pas comme ça que ça se passe. » Monsieur se décide enfin à éditer une amende. Je ne capte rien à sa façon de faire, je me dis que le gars est un bâtard finalement, mais soit, je suis prêt à prendre le ticket. Il me demande quel trajet je fais, je lui réponds honnêtement. Et là, finalement, Il décide d’être sympa, et réduit mon amende en indiquant un trajet bien plus court que le vrai.
La morale, n’interprétez pas les regards des contrôleurs.
Après m’être délesté de 50 balles, nous arrivons à Grenoble. De là, on chope un bus via le site de réservation le plus claqué que j’ai jamais vu de ma vie, et pourtant, je vous assure que les résas de bus région en AURA c’est bien de la merde. Le site est long à naviguer. Quand on a enfin trouver le bon ticket du bon bus à la bonne heure, et qu’on croit être prêt à payer, surprise ! Il faut créer un compte. Et juste pour acheter un putain de ticket de bus, le site nous demande toutes les infos possibles, dates de naissance, mail, téléphone, et tout le bordel, nécessite une confirmation de création de compte par mail, évidemment. La cerise sur le gateau, c’est qu’une fois qu’on a payé, le site démarre un minuteur de 1:00 pour « vérifier le paiement ». Minuteur fake car si je change d’onglet, il se fige, et ne reprend qu’une fois que je suis de retour sur l’onglet. Très, très pratique tout ça, quand on doit prendre un bus qui part à heure fixe, dont le suivant est dans 4h. Vous me direz, payez à l’entrée du bus, mais que nenni, le conducteur refuse tout mode de paiement.
La morale, je sais pas, tentez de corrompre le chauffeur, ça marche peut-être.
Breeef. Nous arrivons finalement à Chamrousse, prêts à faire la traversée du Massif de Belledonne. Moi, j’ai mon sac habituel, un Decat que j’ai depuis plus de 10 ans. Dimitri a ce sac militaire qui fait sa fierté. Il a des poches partout, il pèse 4kg à vide, et il fait un couinement agaçant à chaque pas. Mais Dimitri peut peut se faire hélitreuiller grâce à ce sac ! Pratique.

Belledonne, c’est toujours aussi beau.
Pour la bouffe, j’ai fait la moitié des courses, et Dimitri l’autre moitié. On a chacun fait des choix douteux pour compenser des ingrédients trop chiants à acheter ou transporter. Le résultat était bâclé, on a mangé comme des chiens.

L’anniversaire de Dimitri a lieu pendant la rando. Attentionné comme je suis, je prévois le coup. Regardez-moi ce repas de fête, barre chocolatée Decathlon et gruau d’avoine fade qu’un cheval aurait sans doute mieux aimé :

Il y a moult moutons à Belledonne. Je suis impressionné de la taille du troupeau qu’on a croisé. Il y a pas moins de 4 chiens de berger pour les garder, dont ce qui m’a semblé être d’énormes patous. Heureusement, ils ne sont pas agressifs du tout.

On fait une première nuit isolés, sous l’orage, et une autre au refuge Jean Collet. On contemple là-bas un très beau coucher de soleil, dans une ambiance très conviviale. Rien à voir avec le refuge de l’Aiguille qui faisait figure de McDo en comparaison.

On marche bien, à bonne allure, jusqu’au moment où je commence à avoir sacrément mal sur le côté du genou, tout particulièrement dans les descentes.
Vous connaissez le syndrome de l’essuie-glace ? Moi je connaissais la théorie, et je pense que j’ai appris la pratique lors de cette rando. C’est une inflammation qui peut être tenace, principalement liée à un manque de muscle, comparativement à l’effort, dans les fesses. Je ne suis pas médecin.
J’ai senti la douleur pour la première fois quelques jours après la sortie alpinisme. J’ai fait un footing avec un ami, sur du plat, pendant une demi-heure, et à la fin, je boitais. Je m’étais alors dit que c’était probablement une douleur qui se réveillait suite à la chute stupide que j’avais faite sur de la pierre mouillée. Mais là, à Belledonne, j’ai compris que non, pas tout.
Il faut décider si je poursuis ou si je rentre chez moi. La rando s’enfonce dans les montagnes. En descente, je ne peux pas faire mieux que d’être très lent et de faire des petits pas. Parfois, il faut savoir renoncer. Je décide de rentrer le matin du troisième jour. Je remets la tente et du savon à Dimitri, nos chemins se séparent. Il ne reste plus que lui. Il a gagné le Hunger Games des vacances de rat.

Moi, je descends lentement mais sûrement dans la vallée. Ça fait bizarre d’être tout seul après avoir passé 24h/24 avec quelqu’un. Je m’emmerde un peu, et j’ai mal. Mais il faut savoir renoncer, par prudence pratique, et il faut aussi accepter le renoncement. Je songe à ce que je vais faire avec ces jours qui s’annoncent libre, soudain, j’entends une voix familière derrière moi. C’est Dimitri. Il a finalement renoncé lui aussi. J’ai toujours mal, mais je ne m’emmerde plus. En plus, on arrive à choper un voiture en stop alors qu’on marchait sur un départementale à la fin. On est déposé à la gare. Le TER arrive sous nos yeux. Dimitri court, moi je boite vite, on chope le train. La rando s’achève ainsi.
Derrière chaque renoncement…
Pendant l’organisation de ces vacances, j’avais émis l’idée de faire le trek sur le massif des Puys, puis de rejoindre un certain Moineau à Comboros, un festival de musique et danse trad. Mais je n’avais pas remporté les suffrages de Dimitri. Il n’aime les montagnes que quand elles sont jeunes et peu érodées. Et il n’aime les festivals que s’il y travaille est bénévole. Cet homme est le rêve de tout patron.
J’ai réessayé de l’y attirer, mais c’était peine perdu. Hugo, par contre, avait lui aussi fini son séjour alpin avec son père. Je l’ai recruté, et opportuniste comme tout bon bivouhackeur, j’ai pris le volant, direction l’Auvergne.
C’est ma toute première participation à un tel genre de festival. J’ai découvert le bal folk au Karna, à l’INSA. J’ai adoré l’ambiance, mais j’étais à chier, et malgré toutes ses qualités, ce festival n’offre pas les meilleures conditions possible pour danser du folk. Le sol est inégal, et il y a généralement beaucoup, beaucoup de monde sous le chapiteau.
J’ai redécouvert les danses folk en début d’année avec Moineau et Blaireau à Villeurbanne, dans de bonnes conditions : un sol acceptable, pas trop de monde. Mon sens du rythme est discutable, je suis fâché avec la chiralité, mais j’ai passé une bonne soirée et appris quelques trucs.
Comboros, c’est le grand bain. Le festival propose des ateliers en journée et un bal chaque soir rythmé par plusieurs concerts, du jeudi au dimanche inclus.
Tout ça se passe à Saint-Gervais-d’Auvergne, sympathique bourgade un peu perdue au milieu des Combrailles, une région de basse montagne. C’est vert, beaucoup plus que la moyenne du reste de la France, complètement cramée cet été, c’est calme, y a de la Charolaise dans les prés et des babos dans la ville.
En effet, contrairement à ce que le nom peut laisser penser, le monde du trad n’est pas rempli de vieux réactionnaires, loin de là. Le festival a fait comme apparaitre des stickers LFistes sur les poteaux des lampadaires environnants. Jamais autant de fois on m’a dit « je bosse dans le social » dans un temps si court. Si je peux faire une analyse sociologique à deux balles, j’ai eu l’impression d’être dans le repaire des gauchistes des campagnes. J’ai rencontré des maraîchers par exemple. Les gens venaient d’un peu partout, mais la diagonale du vide était surreprésentée.
Le coeur du festival, le foirail, est installé sur un parking qui paie pas de mine, mais que les installations rendent chaleureux.

Comboros est un festival de trad, mais je parle aussi de folk. Le trad désigne les musiques et danses anciennes collectées dans les villages, ancrées dans un terroir, qu'on reprend le plus fidèlement possible. Le folk désigne les musiques et danses plus récentes, variations modernes d'un matériau trad. On peut ainsi trouver des groupes d'électro-folk, mais pas d'électro trad. En tout cas, pas encore. Tout peut devenir une tradition avec les décennies, après tout. J'ai hâte d'être un vieillard qui initiera les jeunes aux arts oubliés du pogo villeurbannais.
Ce qui m’a particulièrement marqué sur ce festival, c’est la convivialité constante, partout, tout le temps. Chaque inconnu est vu comme un ami potentiel, et non une source de problème potentiel, comme ça peut l’être ailleurs. Il ne m’a jamais été aussi facile de taper la discute à n’importe qui. Des gens qui ne se connaissent pas se ressemblent sans cesse pour faire de la pétanque, du babyfoot, ou de la musique. Beaucoup de musique.
Par moments, sur le foirail, j’avais l’impression d’être dans un avant-poste sur un MMORPG. Il y a des marchands, des quêtes secondaires partout, des gens qui se mettent en groupe au hasard pour les accomplir, et des ménestrels qui font de la musique à chaque coin de rue (je n’ai jamais vu autant de violons et d’accordéons au m²).



Les choses sérieuses
Bon, et puis il y a les choses sérieuses, la danse bien sûr. Je commence doucement avec un atelier d’initiation aux principales danses folks… en théorie. Je commence par perdre mes clés de voiture. Je refais l’intégralité de mon trajet, puis un détour par le foirail. Plus que jamais, je me crois dans un RPG, mais cette fois, j’ai une quête à accomplir. Je tombe sur Nicolas, que je connais vaguement, qui me dit que mes clés ont été retrouvées par un gars avec un mégaphone. Mais le gars est devenu introuvable. Je me rends aux objets trouvé, qui n’ont rien, mais qui me disent que le gars au mégaphone est vers un barnum. Et là, je tombe sur Moineau, qui lui réussit à me trouver le fameux gars (qui n’a plus de mégaphone). Mais le gars n’a plus mes clés. Il me dit d’aller voir au bar, et là, on me rend mes clés. Ouf ! Merci au gentil inconnu qui les a ramenées au foirail.
Ensuite, je commence vraiment les choses sérieuses, mais en retard.
Déjà que je suis nul, j’ai raté toute l’introduction et les premières danses. Je débarque, et je vois les gens en pleine danse de couple. J’observe un peu. Les animatrices nous demandent de changer de partenaire. Je suis là, en sueur, mais heureux d’avoir retrouvé mes clés. Je sais que si je ne me lance pas, ça va être très chiant. Je trouve ma première partenaire, et c’est parti.

Je m’en sors pas trop mal finalement, sauf pour la mazurka. C’est assez crevant quand on galère, les ateliers durent trois bonnes heures. On en a pour son argent.
Je parle de choses sérieuses, mais les vraies de vraies choses sérieuses, ce sont les bals, le soir. Et justement, quand ça arrive, j’ai du mal à me lancer. Les musiciens n’annoncent pas toujours la danse. Il y a beaucoup, beaucoup de danses de couple, et j’aimerais commencer sur un truc de groupe.
Ça tarde à arriver. Je reste sur le côté, attendant mon moment. Je vois une meuf de l’atelier de l’après-midi faire de même près de moi, mais elle semble regarder les danses avec envie. Puisqu’elle était aux initiations, elle doit pas avoir un niveau de fou, ce qui rend la chose moins intimidante. Pour la première fois, j’invite quelqu’un à danser (sans qu’un prof ait demandé de le faire), et ça se passe bien. On fait connaissance ensuite. Le reste de la soirée est chouette, PY débarque après son créneau de bénévolat. Une fois qu’on est dans le foule de danseurs, c’est plus facile de trouver quelqu’un. On est dans le flow. Ma technique pour trouver un partenaire, c’est de chercher les gens du regard. Si quelqu’un maintient le eye contact, je fais la demande, en précisant d’entrée de jeu que je suis un mauvais danseur. Comme ça, la personne qui dit oui le fait en toute connaissance de cause, et je suis déchargé d’une pression.

Je passe une super soirée. Dans un concert classique, tout le monde est tourné vers le même point, l’artiste sur sa scène. Là, on kiffe la musique, mais on se fait aussi kiffer les uns les autres. Et je trouve ça beau. Par contre, c’est crevant sur trois tableaux. Physiquement, je sens mon essuie-glace se réveiller. En concentration, vu que je suis loin de maîtriser les danses. Et humainement, parce qu’inviter des inconnus et faire connaissance tout le temps, ça me coûte quand même une petite dose de courage. Au bout d’un moment, j’ai la flemme.

La nuit efface la flemme et me laisse l’ambition. Le lendemain, je m’attaque à l’atelier bourrée à trois temps : trois heures pour déceler quelques secrets de la danse star de l’Auvergne.
Les profs la présentent comme une danse simple en apparence, mais pleine de richesses cachées qui n’attendent que le plancher pour se révéler. Après trois heures, je confirme. C’est la seule danse de couple que je connaisse qui se pratique sans contact physique : on se tourne autour, et tout passe par le regard. On observe l’autre, on lui propose un mouvement, il suit. Ça me rappelle beaucoup l’impro. Et comme les pas sont rapides et qu’on a le droit de taper fort par terre parfois, j’aime bien.
Le festival a le bon goût d’être placé près d’un lac, et fidèle à son esprit, la baignade est conviviale : on s’agrège vite à un autre groupe. Il y a justement la fille que j’avais invitée à danser la veille. Je suis content de la revoir, elle est belle et sympa. On se fait un Spikeball, et au détour d’une phrase, elle mentionne son copain. Dommage !
Des choses sérieuses à ne plus que savoir en faire
Comboros, c’est trois scènes. Le gros chapiteau, où se passe l’essentiel de la danse. La salle en dur, pour les gros concerts. Et le petit chapiteau, non sonorisé, plus chill, mais aussi plus technique. Pour moi, c’est le repaire des connaisseurs. Quand j’y étais les musiciens n’annonçaient pas les danses. L’ambiance était moins survoltée qu’ailleurs, plus confidentielle.
La programmation m’a paru variée. Beaucoup de trad venu de différentes régions, avec violons, accordéons et des instruments anciens dont je ne soupçonnais pas l’existence (big up aux Québécois au passage, ils avaient un genre de MC qui expliquait tout en rythme, c’était chouette). Mais aussi des à-côtés : de la musique traditionnelle non-dansante, un rappeur, et une fanfare.
J’arrive vers la toute fin du concert de la fanfare, fatigué, en train de songer à rentrer. C’est de l’electrobrass, je ne sais pas ce que ça veut dire. Mais on m’a dit que c’était bien, alors je passe voir par curiosité. Dans la salle, je découvre une ambiance de fou et une température de fournaise. Après une musique, ils descendent de la scène pour jouer au milieu de la foule dont je fais maintenant partie, et on se met à tourner autour d’eux comme un maëlstrom. Le concert doit finir, alors ils sortent dehors, mais toujours en musique. On en redemande, ils n’arrivent pas à se débarrasser de nous. Ils ont l’air sincèrement touchés par ce qui vient de se passer. C’était légendaire. Ça s’appelle Fülü.

Excepté devant Fülu, où c’était un beau chaos, je danse bien sûr, parfois avec des inconnus, souvent avec Hugo, Nicolas ou PY dans le coin, ou quelques amis de circonstance. PY est un ami pratique, il rameute du monde sans scrupule et explique bien les danses inconnues, jusqu’au moment où il repart en créneau bénévole.
J’ai appris l’existence de danses que j’ai beaucoup aimées. En danse de groupe, la branle de Noirmoutier, le branlou, et d’autres dont je n’ai pas réussi à obtenir le nom, même si c’est pas faute d’avoir essayé. Il y en avait une, particulièrement fun, où un couple doit courir au milieu d’une immense haie d’honneur qui se referme juste derrière eux. Personne n’a réussi à m’en redonner le nom.
La dernière danse du dernier concert officiel du festival est une valse. Je la fais avec un gars que j’aime bien, croisé plusieurs fois depuis le début du week-end. On tourne un moment sans rien dire de spécial, et puis, quelque part au milieu du morceau, il me dit sur le ton de la confidence qu’il me trouve très charmant. Le compliment me fait sincèrement plaisir, je le remercie, et je tâche de ne pas perdre le rythme. Il a l’air de bien comprendre que ce n’est pas réciproque, alors il ne demande rien de spécial. À la fin du morceau, on se dit au revoir, et il s’en va. Je ne l’ai plus revu. Je crois que je drague mieux quand je n’essaye pas.

Après les concerts officiels, la fête continue. Les gens se regroupent, sortent leurs instruments, et font des bœufs un peu partout. Techniquement, j’ai participé à mon premier bœuf musical le dernier soir ! Je chantais. Mais bon, quand il y a 35 instruments dont des cuivres, autant dire qu’on m’entendait pas beaucoup. Je pouvais raconter n’importe quoi dans les paroles et faire des fausses notes tranquille.

Pendant ce temps, PY a l’air d’avoir rencontré quelqu’un. En utilisant mes skills de lecture de l’ambiance et des non-dits, je me dis qu’ils ont plutôt envie de passer un moment à deux. Tel un vrai bro, je le laisse. Un peu plus tard, je rentre seul. Et qui vois-je pas loin devant moi, non pas PY, mais Hugo, qui rentre au camping avec une meuf. Tel un vrai bro, je décide de les laisser. Je les vois tranquillement dépasser nos tentes. Je m’endors avant d’entendre Hugo revenir.
Le lendemain matin, je lui demande qui c’était. Il me répond en toute innocence que c’était une meuf sympa et qu’il « allait juste aux douches avec elle ». L’hygiène, c’est important.
En conclusion
Cinquante balles d’amende, la moitié d’une traversée de Belledonne, un genou qui m’a appris que j’avais les fesses insuffisamment musclées, et un festival auquel je ne devais pas aller. Pas exactement le programme prévu en juin, mais le rapport qualité-prix reste imbattable. L’objectif « ne pas se ruiner avant le Japon » est tenu, à cinquante balles près.
Au festival, j’ai découvert une ambiance que je ne retrouve nulle part ailleurs. J’aime l’esprit d’une connexion aux traditions qui ne s’enferme pas dans un carcan réac pour autant.

Bonus : Quelques enseignements
En vrac, quelques trucs j’ai appris sur les danses de couple :
- Le lead démarre toujours du pied gauche, le follow du droit.
- En danses folk, les pas sont petits, les pieds restent sous les hanches. Ce n’est pas une question d’élégance, mais de place : dans un bal plein, un grand pas est une future collision.
- Pour accélérer, on ne fait pas de plus grands pas mais de plus petits, plus circulaires, avec plus de tension dans le corps.
- Beaucoup d’infos passent par le bras. Le follow reste ferme, comme le lead. Un follow visqueux, c’est désagréable, le lead pousse dans le vide.
- En début de danse, c’est bien de passer un moment à transférer son poids tranquillement d’un pied sur l’autre, juste pour se sentir.
- Ne pas regarder ses pieds (technique celui-ci)
- Ne jamais dandiner du haut : tout se passe jusqu’au bassin.
- Rester bien face à son partenaire, épaules parallèles.

