Voyage à Dublin #2 : Transit aéroportuaire

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Mon avion sur le Tarmac
Mon avion et celui de mon covoit qui décolle, tarmac de l’aéroport de Santander

VO here; English subtitles below :

Nous sommes le vendredi 3 décembre 2021, il est quatre heures quarante-cinq du matin, le réveil sonne, j’ai déjà fait pire que ça mais c’est quand même peu. C’est vraiment bizarre, je vais toujours dormir trop tard avant un départ et celui-ci ne fait pas exception. Je vais faire mes tartines et me maudis, en silence pour ne pas réveiller Nico.

Mon blablacar arrive en bas de chez moi à 5h45, après une discussion incompréhensible en espagnol pour lui donner la bonne adresse. Généralement, réserver un covoit à la dernière minute entraine des rencontres correspondantes, avec des personnes qui viennent aussi à la dernière minute, souvent un peu à l’arrache. J’ai pu constater cette règle un bon nombre de fois. Je m’attends donc au pire, mais c’est tout le contraire qui arrive. Opel Insigna bleu foncée et bon parfum intérieur, bon monsieur bien habillé et poignée de main de rigueur. Je l’aide à faire demi-tour et nous voilà en route pour l’aéroport de Santander. Je fais sa connaissance, et me rends compte très vite qu’il parle beaucoup mieux anglais qu’espagnol. A la bonne heure ! ne perdons pas une minute. Il part en l’Angleterre rendre visite à son cousin pour une semaine et rentre le même jour que moi. On se dit que ça tombe bien, qu’on pourra faire le trajet retour ensemble, bénef ! Monsieur est très gentil, malgré son accent que j’ai parfois du mal à comprendre, il m’explique qu’il travaille dans la logistique de la chaine de supermarchés basques Éroski. À mon tour de me présenter.« Grâce à Dieu, …Inchallah » me dit-il lorsque je lui parle de l’école d’ingé et de la prépa. Il me demande ensuite si je suis chrétien ou musulman, ce à quoi je réponds que je suis baptisé mais que je suis plus athée qu’autre chose. Enfin surtout, j’y réfléchis peu. Je ne pousse pas la discussion plus loin, il est un plus de 6h du matin et j’ai du sommeil en retard.

Je me dis une nouvelle fois : c’est fou que tant de personnes soient religieuses, même en 2021. Et dire que je pensais la religion comme une chose éteinte depuis deux générations… En réalité, pas du tout, je dois vraiment venir d’une bulle bizarre isolée en France, en fait j’ai l’impression que beaucoup de gens ont besoin de la religion pour justifier ce qui se passe dans leur vie, et je trouve ça vraiment dommage. Je veux dire que si j’ai réussi ma prépa, c’est pas grâce à un dieu, mais plutôt grâce aux personnes qui m’ont entouré et à moi-même, il faut voir les choses en face, ce genre de dieu là, moi, je n’y crois pas. Enfin bon, il faudrait écrire un article entier sur le sujet… A ce moment-là d’ailleurs, on aperçoit en face de nous un panneau « Attention pluie ». C’est un panneau en dur hein, pas un affichage électronique. Je me mets à rigoler, comment peuvent il savoir. Au moment où on passe le panneau, il se met à pleuvoir ! Comme dans cette scène où Kad Merad entre dans Nord-Pas-de-Calais, une salle averse. Bref, je cesse de rigoler et reconsidère l’existence d’une entité supérieure…

Vers 7h30, nous arrivons à l’aéroport. Et comme nous sommes en avance, pas la peine de se presser, nous prenons le temps de suivre tranquillement le GPS. L’adresse sur le GPS n’est pas exactement celle du parking mais celle de la rue qui l’entoure. Une fois à l’intérieur, il a un doute : le GPS dit de sortir pour atteindre le point d’arrivée. J’essaie de lui expliquer qu’on est bien au bon endroit mais que le parking n’est pas pris en charge par l’appareil mais il ne comprend pas. Je le laisse faire, pas la peine me prendre la tête. Bilan de l’opération : sortie du parking, 55 centimes de ticket, tour de parking par l’extérieur et puis retour dans le parking.
Comme quoi, il ne faut pas faire aveuglément confiance à la technologie et toujours garder un œil ouvert sur ce qui se passe. C’est évident me diriez vous, mais non, pas pour tout le monde. Par exemple, en mars dernier aux Etats-Unis, des gens ont suivi Google Maps sur une route couverte d’une épaisse couche de neige et non entretenue sans se poser de questions. Ils restés coincés 24H le temps qu’on vienne les sortir de là. Et il y a des tonnes d’histoires comme ça, de gens qui finissent dans des lacs ou autre. Je suis resté dans le thème du GPS pour l’exemple mais ces situations arrivent dans tous les domaines. Gardez un œil critique ouvert et ne suivez pas aveuglément les conseils qu’on vous donne. Qu’il s’agisse d’une appli ou d’une amie, d’un passant ou d’un président, il ne faut jamais hésiter à remettre les choses en question ou du moins à demander des précisons.

Bien trêve de divagations, nous voilà en avance et bien garés, moment parfait pour une courte sieste bien placée. Vingt minutes plus tard nous entrons pour l’aéroport. Je passe les contrôles de sécurité, comme une fleur, vers 8h, et mon petit couteau de poche à cran d’arrêt aussi. D’ailleurs cette fois-ci, ils n’ont pas confondu mon harmonica avec un chargeur de pistolet. Parfait, tout baigne.

La salle d’embarquement n’est pas très grande et donne directement sur le tarmac, où l’on peut apercevoir les appareils se poser ou prendre leur envol. Je me pose à mon tour sur les sièges et en profite pour écrire un peu, tout en observant les allées et venues des passagers anonymes qui se pressent vers les portes d’embarquement. Ils s’asseyent, on les appelle, ils se rangent en file indienne, montrent leur billet et puis disparaissent enfin dans l’encadrement de la porte. Ce manège dure environ trois heures, ce qui me permet de remarquer quelques petites choses singulières, qui vont d’une leçon de tamponnage de passeport à une faille dans le système de sécurité, en passant par une charmante policière.

Toutes les sept portes d’embarquement ne sont pas contrôlées par la police aux frontières. Enfin il n’y a même qu’un seul poste de contrôle pour les seules portes 6 et 7. Il est vide au moment où je m’installe, puis un groupe de quatre gardiens de la paix arrive après quelques temps. Trois hommes et une jolie femme. Je me demande si c’est la règlementation qui fait que son pantalon est beaucoup plus ajusté que celui des hommes ou si c’est elle qui l’a choisi comme ça. Quoi qu’il en soit, il lui est tout à fait seyant, enfin, suffisamment pour que je le remarque. Ensuite, il y a deux recrues coupées à la règlementaire qui se ressemblent beaucoup, l’uniforme et le masque n’aidant pas. Ce sont sûrement des policiers de bas étage, ils se retrouvent plantés là derrière le guichet. Et le dernier, le capitaine, ou en l’occurrence celui qui dirige. Il est facile à repérer avec ses cheveux grisonnants à la  Clooney, c’est d’ailleurs un signe de capitainerie indéniable : plus on est salé, plus on a d’autorité.

Alors que les contrôleurs s’affairent dans leur guitoune, le capitaine et sa collègue supervisent les opérations. L’homme ne chôme pas et explique avec moult gestes et entrain tout un tas de concepts compliqués à ma policière, qui l’écoute distraitement, elle est peut-être nouvelle. Je m’imagine à la place du capitaine, lui expliquant des tas de choses et l’invitant à faire partie de mes aventures, c’est important le teambuilding vous savez.

Au bout d’un moment, le capitaine attrape deux gros tampons encreurs dans le poste de contrôle et les voilà qui s’en vont, j’imagine que le devoir les appelle. Ils laissent là les deux subalternes qui commencent leur office, je n’en perds pas une miette. Non, pas du tamponnage banane, je parle bien de ma belle qui s’éloigne, magnifique. Je la suis du regard jusqu’à ce qu’un mur de parpaings me sorte de ma rêverie. Non mais qui m’a fichu ça là franchement ! Tant pis, ils ont disparu.

Je tourne alors la tête vers le guichet des contrôleurs, d’où s’échappe un frénétique cliquetis métallique. En fait j’assiste littéralement à un cours de tampon-encrage, entre deux embarquements, l’un des deux collègues explique avec application et insistance à son acolyte comment utiliser un de ces gros machins, sûrement celui pour viser les passeports. C’est assez rigolo de les regarder faire, ils noircissent les feuilles les unes après les autres. Comme quoi, manier le tampon, c’est peut-être pas si facile, on devient pas capitaine comme ça messieurs.

L’écran des départs, aéroport de Santander

Il me reste encore une heure à attendre alors que la voix de synthèse, particulièrement mauvaise, annonce l’ouverture de la porte d’embarquement numéro 1, à destination de Vienne: le vol FR 7290. C’est vraiment horrible, une voix d’homme dit les mots et une autre voix d’homme, différente, dit les chiffres, le tout bien haché et mal raccordé. Imaginez le désastre !

Toujours est-il qu’à cet appel, un jeune autrichien barbu, grand et fin se lève, se dirige vers la fille d’attente encore vide, passe le guichet n°1 lui aussi vide et traverse tranquillement la porte d’embarquement. L’instant d’après, un petit agent trapu, probablement en retard, s’installe au guichet. Les gens arrivent et font la queue pour le contrôle. Notre ami autrichien vient donc de feinter le contrôle d’embarquement ! Incroyable !
Donc il suffit d’acheter un billet pas cher pour un vol intérieur, qui permet de pénétrer dans la salle d’embarquement, voire un billet périmé ou un screenshot trafiqué (on vérifie juste visuellement que vous avez un billet, rien de plus, pas de scan). Ensuite, on peut s’infiltrer dans le vol que l’on veut au tout début de l’embarquement et c’est parti, direction Tahiti ! Les portes automatiques ne sont même pas verrouillées !

Bon, petite nuance tout de même avant de se lancer pour partir à Tahiti : l’agent était visiblement « juste » en retard donc difficile à reproduire. Et puis il s’agissait d’une « petite » porte d’embarquement, sans guichet de police. Pour l’Irlande ou l’Angleterre, la police aux frontières est là, et bien en avance sur les horaires. Donc c’était sûrement juste un coup de chance, et cet autrichien ne s’est peut-être même pas rendu compte de ce qu’il était entrain de faire… Mais ça donne quand même une idée des failles qui peuvent exister. Il y en a partout, comme pour les GPS ou mon couteau de poche, rien n’est infaillible !

10h45, Embarquement. File d’attente, billet, passeport, contrôle, bip. Tarmac, vent, escalier. Cheveux dans la bouche, bonnet. Siège, fesses, siège, siège.

Décollage, Santander

Le voyage devait durer environ une heure, mais dans l’avion, l’équipage nous annonce one hour fifty. Je vérifie mon billet : départ 11h10, on a bien décollé à 11h10. L’arrivée est prévue à 12h05, ça fait 55 minutes, peut être qu’il a dit fifty five, j’aurais alors mal compris. C’est sûrement ça, ça m’arrive souvent… Sauf qu’au bout de fifty five minutes, et bien nous sommes toujours au beau milieu des nuages figurez vous… Bon on verra bien. Dos, siège. Tête, pull. Dodo.
A l’annonce de l’atterrissage, il est presque 13h, 1h de retard, mais qu’est-ce que c’est que ce zingue ! On atterrit, mon téléphone se connecte, je regarde l’heure : il est 12h06. Je re-regarde l’heure : il est vraiment 12h06, sacrebleu on est exactement on time !

Cette arnaque du décalage horaire.

Les temps sur le billet étaient annoncés en heures locales, je me suis bien fait avoir. J’airais dû flairer le truc puisque si on fait pas gaffe, on lit que le vol aller dure une heure et que le vol retour en dure trois. Coup dur pour le renard des plaines. D’ailleurs petit aparté horlogéographique : on retarde d’une heure pour aller à Dublin qui est sur le même méridien que Gijon, à 200km de Bilbao alors que pour aller en Autriche, 1600km plus à l’est, on garde la même heure. Pas très logique tout ça, mais bon après tout, il faut bien changer d’heure quelque part.

Continuons de râler, c’est important : ils n’ont même pas contrôlé mon test covid à la descente de l’avion, ça valait bien la peine de le faire tiens. Vraiment c’était mieux avant.

12h 50, je prends le bus qui relie l’aéroport au centre-ville. J’en profite pour écrire un peu. Déjà quand le bus arrive, je me rends compte qu’il roule à gauche ! Il faut donc monter par la gauche, logique implacable c’est certain, mais c’est ultra perturbant. Je suis déçu, moi qui pensais que les Irlandais étaient normaux, que nenni. Ensuite, pendant le voyage, je remarque des poches poubelles entreposés dans les rues, autour de poteaux, ou à côté de certaines portes. Ça me fait penser au Japon, où il n’y a pas de container. Les gens déposent simplement leurs poches poubelles dans la rue, à des emplacements spécifiques certains jours spécifiques et la mairie vient les collecter. J’imagine que ça fonctionne un peu comme ça ici aussi, à voir… D’ailleurs ils roulent aussi à gauche au Japon, coïncidence ? Je ne pense pas !

Le bus ralentit et on annonce l’arrêt Dublin City Center. Merde faut descendre ! Je range vite fait mon carnet, et saute de mon siège, prêt à partir. Je dois cependant interrompre mon élan quand mes voisins arrières m’interpellent et me font remarquer que j’ai laissé mon téléphone sur mon siège. En tout cas, ils ont beau rouler à gauche, les Irlandais ont l’air vraiment gentils. Je les remercie chaleureusement et descends du bus. Décidément, je devrais dormir plus avant de partir en voyage…

Je pose enfin les pieds sur le sol,

À nous deux, Dublin !

La suite arrive bientôt

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Mon avion sur le Tarmac
My plane here and my carpool’s one taking off, Santander airport

Friday, December 3rd, 2021. My carpool arrives at 5:45, after an incomprehensible discussion in Spanish to give him the right address. Generally, when you book a carpool at last minute, it leads to the same kind of meetings: with people who also come at the last minute, often a bit messy. I’ve experienced it many times. So right now, going downstairs, I expect the worst, but in the end, its the opposite.
Dark blue Opel Insignia with clean and perfumed interior, well dressed man and smiling face. I help him to turn around and we leave to Santander airport. I get to know him, and I quickly realize that he speaks much better English than Spanish. Great ! Good news, it’ll be easier to discuss a little bit. He leaves for England to visit his cousin for a week and returns back the same day as me. Perfect! Let’s do the return journey together. He is really nice, despite I don’t understand him sometimes because of his accent, he explains to me that he works in logistics for the Basque supermarket chain Eroski. I introduce myself. “Thanks to God, …Inchallah” he says to me when I tell him about my studies and the two hard first years of engineering school (*three years in my case, ow!). He then asks me whether I am Christian or Muslim. I answer that I am baptized but that I am more atheist than anything else, but i respect other people’s beliefs. Actually, I don’t think much about religion. I don’t push the discussion any further, it’s a 6am and I have some sleep to catch up on.

I think again: it’s crazy that so many people are religious, even in 2021. And to think that I thought religion was a thing that died out two generations ago… Actually, not at all. I must really come from a weird, isolated bubble in France, cause I just realize it by these days. Now I have the feeling that a lot of people need religion to justify what’s going on in their lives, and I most likely think it’s a waste. I mean, if I succeeded at engineering school, it’s not thanks to a god, but rather thanks to the people who surrounded me and to myself, you have to face it, that kind of god, who makes you succeed or not, fate, fortune, I don’t believe in that. Well, I would have to write a whole article on the subject… By the way at this exact moment, we see in front of us a road sign “Be careful, rain”. It is a hard sign, not an electronic display, I start laughing: how can they know! But right when we pass the sign, a heavy rain starts to fall! As in The Ch’tis when the main character crosses the border of Nord-Pas-de-Calais. Well… I stop laughing and consider again the existence of a superior entity.

Around 7h30, we arrive at the airport. And as we are in advance, no need to hurry, we take the time to follow quietly the GPS. The address on the GPS is not exactly the one of the parking but the one of the streets which surrounds it. Once inside, he has a doubt: the GPS says to go out to reach the arrival point. I try to explain to him that we are in the right place and that the parking lot is not taken in charge by the device, but he does not understand. I let him do it, no need to be worked up, we have plenty of time! In the end: going out of the parking lot, paying 55 cents for the ticket, turning around around the parking lot by the outside and then going inside again…

As you can see, there is no point in blindly trusting technology. We should always keep an eye on what’s going on. It’s obvious, you might say, but not for everyone. For example, last March in the US, people followed Google Maps on non-maintained road covered with a thick layer of snow without asking themselves any question. They were stuck there for 24 hours until someone came to get them out. There are tons of reports like that, about people ending up in lakes or whatever. I took the GPS theme as an example, but these situations happen in all domains. Keep a critical eye open and don’t blindly follow the advice you’re given. Whether it’s an app or a friend, a passerby or a president, never hesitate to question things or at least ask for clarification.

Well, no more rambling, here we are in advance and well parked, perfect time for a short nap well placed. Twenty minutes later we enter for the airport. I pass the security controls like a charm, around 8 am, and my little pocket folding knife too. By the way, this time, they didn’t confuse my harmonica with a gun magazine. Perfect, everything is fine.

The boarding room is quite small and opens directly onto the tarmac, where you can see the planes landing or taking off. I sit down on the benches and take the time to write a bit, while observing the comings and goings of the anonymous passengers who hurry towards the boarding gates. They sit down, they are called, they line up in single file, show their ticket and then finally disappear in the door frame. This little game lasts for about three hours, allowing me to notice a few peculiar things, ranging from passport stamping lesson in to a flaw in the security system by the way of a charming policewoman.

Not all seven gates are checked by the border police. Finally, there is only one checkpoint for gates 6 and 7. It is empty when I take my seat, and then a group of four policemen arrives after a while. Three men and a pretty woman. I wonder if it’s the regulations that make her pants fit that much tighter than the men’s or if she chose them that way. Either way, they look good on her, well, good enough for me to notice. Then, there are two recruits with the required short haircut who look pretty much the same, the uniform and the mask not helping. They are probably low-level policemen, they are standing there behind the counter. And the last one, the captain, or in this case the one in charge. He’s easy to spot with his Clooney-like greying hair, which is an undeniable sign of captaincy: the saltier you are, the more authority you have.

While the controllers are busy in their boxes, the captain and his feminine colleague are supervising the operations.  The man is not wasting time and explains with a lot of energy and gestures a lot of complicated concepts to my policewoman, who listens to him distractedly, maybe she is new there. I imagine myself in the captain’s place, explaining a lot of things to her and inviting her to be part of my adventures, teambuilding is important you know.

After a while, the captain grabs two big ink pads in the control box and they leave, duty calls, I guess. They leave the two subordinates who start their service, I don’t miss a thing. Dude, no, not about the stamping, but about my beautiful one which moves away, magnificent. I follow her with my eyes until a breeze block wall takes me out of my reverie. Who built that here! Shit, they just disappeared.

I then look back towards the controllers’ counter, from where a ferocious metallic clanking is coming out. In fact, I am literally attending a stamping and inking course! Between two boardings, one of the two colleagues explains with application and insistence to his sidekick how to use one of these big machines, probably the one to stamp passports. It’s quite funny to watch them doing it, they blacken the sheets one after the other. A true caricature! So, handling the stamp is not so easy, becoming a captain requires a lot of work, gentlemen.

Departures screen, Santander airport

I still have one hour to wait while the synthetic voice, the worst i ever heard, announces the opening of the boarding gate number 1, to Vienna: flight FR 7290. It is really horrible, a man’s voice says the words and different man’s voice says the numbers, all chopped up and badly linked. Imagine the disaster!

Anyway, at this call, a young Austrian guy, bearded, tall and thin, gets up, goes to the still empty waiting queue, passes the empty counter n°1 and quietly crosses the boarding gate. The next instant, a short, stocky agent, probably late, takes place at the counter. People arrive and line up for the check-in. Well, our Austrian friend has just dodged the boarding control!  Unbelievable!
So all you need to do is buy a cheap ticket for a domestic flight, which allows you to enter the boarding room, or even use an invalid ticket or a doctored screenshot (they just check visually that you have a ticket, nothing more, maybe the dates but no scanning).Then, you can infiltrate the flight you want at the very beginning of the boarding process and off you go, towards Tahiti! The automatic doors are not even locked!

Well, a little more detail before boarding to Tahiti: the agent was obviously “just” late, so it might be difficult to repeat. And then it was a “small” gate, without a police counter. For Ireland or England, the border police are there, and well ahead of schedule. So, it was probably just a fluke, and this Austrian might not even have realized what he was doing… But it gives an idea of the flaws which might exist. There are some everywhere, like for the GPS or my pocketknife, nothing is infallible!

10:45 am, boarding. Queue, ticket, passport, control, beep. Tarmac, wind, stairs. Hair in the mug, beanie. Seat, ass, seat, seat.

Taking off, Santander

The journey should last approximately one hour, but in the plane, the crew announces one hour fifty. I check my ticket: departure 11:10, we took off at 11:10, fine. The arrival is planned at 12:05, which makes 55 minutes, maybe he said fifty-five, then I would have misunderstood. That’s probably it, it happens to me often… Except that after fifty-five minutes, well we are still in inside the clouds, in the middle of nowhere… Well, we’ll see. Back, seat. Head, sweater-pillow. Sleep.

When they announce the landing, it is almost 1 p.m., 1 hour of delay, what the fuck is that! We land, my phone connects, I look at the time: it is 12:06. I look again at the time: it is really 12:06 am. Sacrebleu ! we are exactly on time !

Jet lag bullshit.

The times on the ticket were announced as local times, so I was really fooled. I should have felt the trick because if you’re not careful, you read that the outbound flight lasts one hour, and the return flight lasts three. Hard blow for the fox instinct. By the way, a little aside: we delay one hour to go to Dublin which is on the same meridian as Gijon, 200km from Bilbao, whereas to go to Austria, 1600km further east, we keep the same time. Doesn’t make a lot of sense, but after all, time have to change somewhere so, well.

Let’s keep on complaining, I’m French, it’s important: they didn’t even check my covid test when I got off the plane, what a shame, it was well worth it to do so!  Actually, things aren’t what they used to be.

12:50, I take the bus that connects the airport to downtown. I use this time to write the following lines. First, when the bus arrives, I realize that it drives on the left side! So, you have to get in by the left side, implacable logic for sure, but it’s really disturbing for me.I am disappointed, I thought that the Irish were normal, but no, they drive on the left. Then, during the trip, I notice garbage bags stored in the streets, around posts, or next to some doors.  It reminds me of Japan, where there are no containers. People just put their garbage bags in the street, in specific places on specific days, and the municipality comes and collects them. I imagine that it works a bit like that here too, let’s see… By the way, they also drive on the left in Japan, coincidence? I don’t think so!

The bus slows down and it announces “Dublin City Center”. Shit, I have to get off! I quickly put my notebook in my backpack, and jump out of my seat, ready to go. But I have to stop my momentum when my back neighbors call me and notice me that I left my phone back on my seat. Anyway, they may be driving on the left, the Irish seem really nice. I thank them warmly and get off the bus. I should definitely sleep more before leaving on a trip…

I step finally on the ground,

Between us, Dublin!

To be continued

3 Comments

  1. Pingback:Voyage à Dublin #1 : Préparatifs - BivouHack Live

  2. Merci pour cet article passionnant et très instructif

  3. Une objection cependant. Il manque une photo de la policière pour souligner votre passionnante description, c’est dommage !

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