Le voyage de Marty, Triunfo #jour121

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Je me réveille un peu avant le lever de soleil et je trouve l’idée d’aller voir le lever du premier jour de l’année cool cependant je suis fatigué et j’ai la flemme, d’autant qu’on ne voit pas le soleil il est derrière les arbres. Je referme les yeux. C’est la première fois que je fais ça. Ça sera une année sous le signe de l’écoute de son corps (de la flemme en vrai).

Réveil par Ilan, je lui avait dit qu’on allait acheter des pétards aujourd’hui du coup il vient me réveiller pour aller en chercher. Il est accompagné d’un copain, Christine. On va au magasin mais c’est fermé. Je leur laisse 100 lempiras et retrouve les autres. Ils auront largement de quoi s’acheter ce qu’ils veulent. Un paquet coûte 10.

Finalement je vais rester et prendre le bateau demain, buenas ondas ici. Je pensais partir aujourd’hui mais on est le premier : il n’y a pas de bus et je ne fait pas trop confiance au stop. Il n’y a pas de plongée demain aprem en plus donc je ne rate pas grand chose et je suis plus chill.

Un membre de la famille qui nous “héberge” est décédé d’un infarctus, je ne sais pas quand mais c’est son enterrement aujourd’hui. On est invités à y participer. Les autres vont devant et je joue avec les enfants avec les pétards en les suivant. Comme la dernière fois, seul un pétard sur 4 fonctionne.

Arrivés au cimetière, ils sont tous ici, ils ont terminés de parler (je ne sais pas pour dire quoi) et ils prennent les pelles pour recouvrir le corps. Les hommes pellent et les femmes donnent du coca. Rien de particulier à signaler. On rentre et des danseuses du village avec des musiciens font un petit spectacle.

On chill, on traîne, on se baigne un peu. Je pars faire les courses avec Alejandro et Norwego (Ariel). Sur le chemin on tombe sur un gros bâton de pétard, style dynamite. Alejandro le prend et fait un petit tas avec la poudre qu’il en récupère. Je veux l’allumer et y met mon briquet. Ils m’avertissent de faire attention. Je pensais que c’était de la poudre noire, mais pas du tout ! Ca brûle instantanément en produisant beaucoup de chaleur et une lumière vive. C’est une poudre au magnésium ça, ptn je pensais pas, j’ai la main toute blanche et je me suis cramé l’index et le pouce du briquet. À l’épicerie ils me donnent une poche d’eau purifiée (20cL) pour me soulager.

On chill, alors qu’on étaient solo avant il y a beaucoup de monde maintenant. On est le 1er janvier et un dimanche les gens viennent en famille.

On regarde la mère cuisiner les pains à la coco : dans un espèce de grand seau elle pose les pains dedans puis recouvre d’une tôle et de braises. Elle laisse cuire comme ça. Le pain a la coco est bon mais on ne sent pas la coco. C’est compact mais moelleux. Pour la coco elle a une grande planche avec des cailloux incrustés dedans, ça lui permet de râper la coco.

Ilan me vend pleins de carrés de coco caramélisée, je fais des réserves pour la semaine. J’essaie de négocier pour en avoir une gratuite mais non ! Il est dur en affaires ! En plus il me demande d’autres sous pour s’acheter des pétards. Je lui ai donné 100 ce matin et il n’en a dépensé que 50 mais il en veut d’autres et il insiste. Non mon gars, stop.

On chill toute l’aprem un peu en retrait pour ne pas prendre la place des touristes sur la plage. Ces derniers laissent littéralement toutes leurs poubelles sur place, génial. Quand je dis touristes, ce ne sont que des locaux, pas d’étrangers ici.

Une fois qu’ils sont partis je vais m’asseoir sur la plage et regarder le coucher de soleil. Ricardo fait de même. J’aime bien Ricardo, c’est un mec intéressant et posé. On discute un peu de nos philosophies de vie. Je lui dit que les choses importantes pour moi sont la liberté et l’éducation (cette dernière donnant accès à la liberté) et de profiter de ce qui nous est donné en spectacle par la nature. Il me dit qu’il aime profiter des instants de vie simple et aider les gens quand il le peux.

On est d’accord sur le fait qu’on se pose toujours énormément de questions sur sa vie, ce qu’on veut faire, les plans futurs, pourquoi, comment gérer ça etc… Et on nous apprend à faire ça dès la plus tendre enfance : qu’est ce que tu veux faire plus tard, comment, tu veux faire quelles études, tu veux habiter où, etc… On a tendance à courir après ces réponses, et quand elles sont trouvées, trouver d’autres questions. Une perpétuelle chute en avant. Il faut accepter qu’il y a certaines questions qui n’ont pas de réponses à certaines questions. Le monde et ses possibilitées sont infinis, il suffit parfois d’un détail pour tout changer. Courir après ces questions, c’est ce que font pour moi le marocain Marwane que j’ai croisé à Copán, qui travaille à fond et en oublie les plaisirs de la vie. Idem pour Frank l’américain. Il vit sa vie à balle, fait des études et est investit dans la politique de son état à côté, va sûrement très bien gagner sa vie comme ses parents (aucun doute) mais ne profite que de 2 semaines de vacances par an. Il a pris 2 semaines au Honduras/Mexique et pour lui ce sont de grandes vacances, c’est la première fois qu’il part aussi longtemps. Je trouve ça complètement dingue. C’est une vie frénétique déconnectée de la réalité humaine.

Je réfléchis un peu tout seul ensuite. Parler de philosophie de vie avec un mec que je connais à peine c’est super cool. Les gens ici ont beaucoup moins tendance à se fixer sur le travail et statut social et a poser des questions bien plus sur la façon de vie. Je trouve ca cool mais d’un autre côté, est ce que ce n’est pas les deux même faces d’une même pièce ? Au lieu de mettre dans des cases à ça use du travail le faire avec ces questions. Je ne sais pas. Je pense que l’idéal reste de trouver le juste milieu entre les deux. Comme dirait le grand PY, c’est complémentaire.

Je vais me promener jusqu’au bout de la plage et revient. Au retour le repas est servi ! Top haha 😂 deux petits pains à la coco, de la crème et des haricots. Je trouve les haricots vachement bons !

Les petits potes à la compote fabriquent un bang avec une bouteille de coca et une douille. Depuis l’expérience de la dernière fois où ca m’a assommé je n’ai pas refumé. On fait la soirée tranquille.

Ricardo

PS : il y a des enfants qui se peignent en noir avec des masques et font du bruit avec des sifflets pour faire peur et demandent de l’argent. C’est assez marrant.

Bilan : 250 lpr soit 9€

One Comment

  1. vraiment wtf cette journée 😂 2022 commence bien !

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