Le bolivouhack selon Fletan #05 : en roue libre

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Désolé papa maman.

Samedi 16 juillet. On a tous la gueule de bois. Je rappelle qu’on est à 2800m et qu’il y a de la pente. À chaque montée, je sens mon cerveau taper dans mon crâne. Pourtant, on est quatre sur les sept à décider de travailler l’après midi. Je me dis que ça va être dur mais que ça pourrait me décrasser. Le boulot est nul à chier. On doit trimballer des branches sèches dans un champ en pente. Guillaume abandonne assez vite. Je reste avec Hermano et Caterina. Heureusement qu’ils sont cools. Je prends un peu le temps de regarder la vallée. En fait, cochabamba est moins une vallée qu’un énorme trou percé dans l’altiplano. Une plaine fertile avec des montagnes arides tout autour. Un peu comme dans Nausicaa et la vallée du vent, pour les fin connoisseurs.

Vue depuis la ferme

Le soir, ça va mieux. Comme tout le monde part bientôt, il veulent refaire quelque chose. On fait un tournoi de “colon de catane”, j’ai jamais joué je suis nul c’est un peu chiant et un peu marrant en même temps. Puis comme on entend de la musique à Combuyo, on décide de re sortir à la chicheria. On se retrouve à la même chicheria, avec presque les mêmes personnes que la veille. Ils sont trop contents de nous voir et tout repart à fond comme la veille. On passe un super moment entre chicha, coca, musique et pétanque bolivienne (le jeu avec les pièces vous vous souvenez ?). Je bois peu et je profite mieux de la soirée que la veille.

Dimanche 17 juillet. Aujourd’hui personne ne travaille au WWOOFing, faut pas déconner on est dimanche. Pourtant, à 7h du mat, je me lève comme une fleur. Je n’ai dormi que 4h et pourtant j’ai la méga pêche. On prend notre temps, on brunch, on discute, on apprend un peu d’espagnol. A 10h, on fait nos adieux (les autres partent tous dans la journée) et on part pour Cochabamba en trufi. Un trufi c’est un minibus qui fait transport en commun. Il y en a pour aller vraiment partout c’est impressionnant. Et il y en a beaucoup aussi. Nous devons changer de trufi à Quillaquollo, la ville la plus proche. À Quillaquollo, il y a une énorme avenue et au centre de cette avenue, il y a la Plaza Bolivar. Là, c’est l’anarchie. Il y a des étales de tout et n’importe quoi, des vendeurs ambulants et des dizaines voire des centaines de truffi. Ça semble bordélique, mais c’est très bien organisé. Les trufis sont regroupés par lignes et des rabatteurs sont là pour renseigner les badauds. Ça fait qu’il suffit de demander pour pouvoir aller n’importe où. C’est super efficace.

Une rue de trufis à La Paz

On arrive enfin à Cochabamba vers 11h30. On a des courses à faire en prévision d’un trek (hehe ça tease). Couteau, chapeau, crème et alcool pour le réchaud. On trouve un demi litre d’alcool à 96° pour 12bs en paarmacie. C’est écrit “complément alimentaire” dessus, trop marrant. J’ai goûté c’est dégueulasse.

Cochabamba à un centre historique, c’est très beau. Devant la mairie, on voit des anciens qui font une grève de la faim pour demander une retraite minimal au niveau du salaire minimum. Il y a des gens autour pour expliquer le problème et faire signer une pétition. C’est impressionnant, ça change beaucoup de Maurice cet engagement politique.

La place centrale de Cochabamba

Pour revenir à Cochabamba, c’est un genre d’architecture coloniale espagnole, j’ai déjà vu ça dans Zorro ou dans des westerns peut être. Je trouve ça très exotique. Un autre trait de la ville, ce sont les églises. Il y en a vraiment beaucoup. Et comme on est dimanche, elles sont bien remplies. J’ai l’impression que certaines font des messes en continue pendant toute la journée.

Cochabamba

Je viens de voir que je peux taper mon article en parlant. C’est génial, ça change ma vie.

On se balade dans la rue on voit au loin le christ de Cochabamba. C’est un christ sur une colline qui est plus grand que celui de rio. En fait celui de rio fait 33 mètres parce que le christ avait 33 ans mais celui de Cochabamba fait 33 mètres et 40 cm parce que le christ avait 33 ans et un poco. Il y a un téléphérique pour monter et on décide de s’y rendre. On passe dans des quartiers résidentiels où il n’y a pas grand monde. Quand soudain deux jeune thug (vraiment il ressemble à des young thugs américains) assis sur un banc nous hèlent (ca s’écrit comme ça ?). Comme nous sommes des gens très cools, nous répondons. Soudain ils sautent de joie sur leur banc dans une réaction clairement disproportionnée. Nous décidons d’aller voir ces joyeux lurons et d’ailleurs ils viennent vers nous aussi, hilares. Nous nous rendons compte qu’ils arborent un énorme pétard qu’ils nous tendent d’ailleurs directement. Pas de risque à priori, ils ont l’air d’avoir bien commencer sur eux. On prend des photos, on échange nos numéros et on discute comme on peut. Puis après 10 minutes on continue notre route.

Rapidement, je sens l’effet du joint. C’est puissant, très puissant. Rien à voir avec l’herbe des rastas mauricien putain ! Au bout d’une demi-heure, je suis incapable de marcher. On s’assoit sur un banc devant la queue pour le téléphérique, je trip complètement pendant plus d’une heure. Je suis incapable de marcher mais je me sens bien. Je ressent tout en ralenti, mes sens sont atténués, j’ai l’impression de rêver. C’est du costaud. Heureusement, Guigui est du genre raisonnable et il n’en a pas pris. Il prend soin de moi (qu’il est gentil ce Guigui). Dès le moment où je peux me lever de nouveau, on fonce dans la queue du téléphérique. Elle n’est pas très longue mais le débit est ridicule, on attend 2h30 comme des gros glands. Guigui, plus raisonnable mais aussi plus anxieux que moi se demande si il faut abandonner toutes les 15 minutes, et moi je vogue encore un peu dans d’autres cieux.

On arrive en haut de la colline vers 17h, l’heure à laquelle on était sensé rentrer. La vue est sympa, il faut reconnaître. Mais arg il y a autant de queue pour descendre en téléphérique, c’est trop chiant ! Finalement on descend à pieds et on repart direction Quillaquollo. La nuit est tombée mais la petite ville est bouillante de monde et d’animations, c’est génial. On mange la spécialité du coin, Pastel con Api. C’est un genre grosse bugne au fromage avec de la bouillie de maïs violet sucrée. C’est très bon. Il y a aussi une fanfare qui joue dans la rue, c’est vraiment la fête.

Api con pastel

Cependant, épuisés par les aventures de la journée, on rentre et on pionce.

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