USA#25: Train, cette fois-ci j’ai pris un billet

Mon avion retour pour la France décolle dans 12 jours de Charlotte sur la côte Est, et je suis encore à San Francisco, à l’autre bout du pays (~4000km à vol d’oiseau). Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé d’acheter un billet de train jusqu’à Chicago, pour être sûr d’arriver en temps et en heure (suis-je si naïf ?). Ce train, c’est le California Zephyr : 3924km sur les rails pour 230$, c’est un bon plan. Il dure 52h, le plus long que j’ai jamais pris ! Il me restera ensuite une semaine avant le départ, de quoi faire les 1200km restants en stop jusqu’à Hickory, avec quelques jours de marge pour préparer mes affaires, enfin si je suis bon. 

J’ai pris des sièges normaux, j’espère que j’arriverai à dormir. 

Le California Zephyr, c’est un Amtrak, America Track, la SNCF américaine, l’unique compagnie de transport de voyageurs, publique, créée au début des années 70 pour unifier un service de transport de passagers alors mal en point. Et d’ailleurs même aujourd’hui, la plupart des américains n’ont jamais pris le train. Il n’y a vraiment pas de quoi leur en vouloir puisque leurs trains sont généralement chers, lents, et souvent en retard. Résultat, c’est surtout un train un peu romantique et mignon qu’on prend pour partir en vacances. Et d’ailleurs les grandes lignes un peu touristiques comme celle que je prends ont des noms : California Zephyr, Empire builder, Southwestern Chief…  J’aime bien, c’est comme à la belle époque des  grandes lignes du Trans European Express avec la Flèche d’or entre Paris et Londres, le Capitole entre Paris et Toulouse ou l’Oiseau Bleu, entre Paris et Bruxelles. Que de poésie !

Ce qui est cool avec le train là, c’est son itinéraire. Je pars donc pour deux jours et demi de trajet à travers la Sierra Nevada, les déserts et les Montagnes Rocheuses, c’est magnifique ! 

Le train serpente dans les lacets des lignes de montagne centenaires, on avance parfois comme des escargots mais c’est très beau. Je passe une bonne partie de mon temps dans la voiture panoramique pour profiter du paysage. 

L’aventure continue 

Comme un bon trajet en train se déroule rarement sans pépins, on nous annonce en arrivant à Denver qu’on va s’y arrêter plus longtemps que prévu et rester là jusqu’à nouvel ordre. En cause, une tempête de neige soudaine et particulièrement violente dans le Nebraska, qui a déjà bloqué plusieurs trains. Denver, c’est à mi distance du trajet, et environ aux deux tiers de la durée. La voie est complètement bloquée, un train fait marche arrière et entré en gare couvert de neige… c’est compliqué. Moi je m’en fous, j’ai du temps donc j’en profite pour aller visiter la ville, parler aux gens ou acheter des cartes postales, mais certains ont des correspondances, des rdv etc.. Pour eux, c’est beaucoup moins rigolo.

On finira par repartir le lendemain une fois la tempête passée et les voies dégagées. 20h de retard : ça rigole pas !

Fun fact, j’ai fait un barbeuk dans le train : comme je suis un rat, j’ai pris des provisions pour manger dans le train et éviter de payer la voiture restaurant ou la wagon bar (c’est hors de prix, et vraiment pas bon). J’ai des nouilles chinoises, des grits et du pesto. Les grits, c’est hyper pratique : une farine de maïs assez grossière que tu mets dans de l’eau, chaude ou froide, et ça fait une sorte de purée style polenta en trois minutes. On en avait récupéré plusieurs fois dans les petits dejs d’hôtels, c’était super pratique. Cette fois je les ai achetés de mon côté (spoiler: mauvaise idée). Je suis dans le train, j’ai faim, je sors mes grits, je mets de l’eau et j’attends. J’attends, j’attends et en fait rien ne se passe, ça fait de l’eau au maïs concassé… Et Léo qui m’avait dit « La polenta si tu chauffe pas ça marche pas », bon je crois que j’ai compris, c’est exactement ce qui se passe. Les grits de l’hôtel étaient certainement précuits. C’est un échec complet, je vais même mendier de l’eau chaude au wagon bar mais rien n’y fait. Je suis comme un con dans mon siège de train avec une casserole de grits et d’eau tiède, c’est la loose. 

Bon mais je suis pas du genre à me laisser abattre, j’ai plus d’un tour dans mon sac et en l’occurrence un réchaud. Je descends aux chiottes en douce, avec ma casserole au milieu des gens qui se demandent ce que je fous depuis tout à l’heure à traverser le train avec ma gamelle de camping. Après quelques esquives de regards interrogateurs, j’arrive finalement aux latrines avec le briquet, le réchaud et la fiole d’alcool, et hop, ni vu ni connu, je fais bouillir mon mélange. Magie, ça réagit instantanément et je ne mets pas le feu au train ! Sauvé. J’ai failli mourir de faim hein.

La bonne nouvelle, c’est qu’ensuite on a eu de la bouffe gratos à cause du retard, donc plus besoin de faire un barbecue sur le trône.

J’arrive donc à Chicago avec 20h de retard, je me promène rapidement en ville et repars faire du stop !

Travelers' Map is loading...
If you see this after your page is loaded completely, leafletJS files are missing.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *