Le Bolivouhack selon Pivot #4 : à l’assault de Sucre

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Vendredi 26 août : on débarque à Sucre avec Blaireau et Asticot. On a dit au-revoir à Flétan à Oruro c’est expliqué dans son article. Après 2 nuits dans des bus on est bien décidé à profiter de la journée même si on est un peu fatigué.

le bus de nuit très confortable pour 3€

Sucre c’est la capitale historique de la Bolivie. Une ville fondée par les espagnols a gardé son caché colonial. De nombreux bâtiment historiques parsèment le centre ville qui est classé à l’UNESCO. Avec un peu moins de 250 000 habitants ce n’est pas la plus grande ville du pays mais elle fait partie des plus riches avec Santa Cruz.

On part prendre notre petit déjeuner au mercado central. C’est un énorme marché sur 2 étages avec les petites échopes habituelles. Un grand espace est dédié à la restauration où une multitudes de vendeuses nous sautent dessus dès que l’on rentre pour qu’on s’assied à leur table. Elles servent toutes les mêmes repas avec beaucoup de viande en sauce. On partage des completos à 10bs, globalement rien d’inoubliable. Comme partout ailleurs ils servent des jus de fruits avec le repas c’est sympa.

Alexis nous déniche un alojamiento bon marché en plein centre de la ville. Pendant ce temps là je visite le musée de l’histoire de l’armée bolivienne situé dans un ancien couvent Fransiscain. C’est passionnant, il y a de nombreuses pièces d’artilleries et des armes de toutes les époques. C’est fou à quel point ils sont patriotiques et fier de leur histoire alors que ce n’est qu’une succession d’échecs militaires qui sont tous détaillés dans le musée :

  • 1841 : le Pérou envahi le nord du pays, la Bolivie sauve son indépendance
  • 1880 : guerre du pacifique avec le Chili, la Bolivie perd son accès à la mer.
  • 1901 : guerre de l’Acre, le Brésil s’empare d’une bonne portion de forêt amazonienne
  • 1932 : guerre du Chaco, le Paraguay conquit une large portion sud du pays qu’on promettait riche en pétrole. (Mais finalement il n’y en a pas)

La perte de l’accès à la mer il y a 150 ans est encore un sujet très chaud pour les boliviens. Le gouvernement ne manque jamais une occasion de mettre le sujet sur la table. Au rez de chaussé du musée sont conservés les rouleaux de la lettre de 130km de long remise à Kofi Aman lors de sa visite en 2005. C’est un assemblage de milliers de lettres envoyés par des boliviens pour réclamer la restitution de cet accès à la mer.

L’après midi on visite la “casa de la libertad”. Une visite guidée en anglais nous permet de découvrir les grandes figures du pays et le lieu où a été signé la déclaration d’indépendance. La première constitution qui a été écrite dans ce lieu est affichée dans une vitrine. Elle est très inspirée des idées des lumières ainsi que des révolutions américaines et française. Le système mis en place lors de l’indépendance était donc très favorable aux riches propriétaires d’origine espagnol et le droit de vote était censitaire. Malgré ça le musée cherche maintenant à mettre en valeur de nouveaux visages de l’indépendance. Des portraits des héros des lutes indigènes ont été ajoutés dans la salle principale. Il y a eu notamment plusieurs femmes qui ont jouées des rôles déterminants dans ces lutes.

Hall de l’ancienne université où fut signé l’indépendance

Le soir on essaie de sortir rencontrer du monde mais les bars sont peu animés et remplis de vieux (comprendre plus de 30 ans ;). On rentre donc à l’hôtel après plusieurs parties de tarot endiablées.

Samedi 27 août on part se balader à l’extérieur de la ville sur le site des 7 cascades. Il faut dire qu’on s’est levé un peu tard (la fatigue des derniers jours à fait son oeuvre) et aucun des innombrables musées de la ville nous motivait. Après une petite heure de bus on arrive à Alegria au nord de la ville. On rencontre un gros groupe d’Allemands en chemin et on passe l’après-midi avec eux. On termine ensemble la rando qui remonte un petit ruisseau pour se baigner dans des piscines naturelles au pied de cascades. Ils sont super sympas même si ils ne semblent pas très dégourdis. Ils viennent tous de terminer le Gymnasium et sont partis en Bolivie faire un an de volontariat avant de commencer l’Université. Ils voyagent donc en groupes sous la supervision d’une agence qui leur a trouvé des structures d’accueil. Perso je suis assez partagé sur ce genre d’expérience. D’un coté je respecte l’initiative de partir si longtemps et si loin alors qu’ils viennent de sortir du Lycée. Perso je ne l’ai pas fait et c’est un sacré saut dans l’inconnu. D’un autre côté ils passent leur temps entre eux et n’osent pas prendre le moindre risque. Ce n’est pas ma conception du voyage et j’espère qu’ils feront d’avantage de rencontre lors de la suite de leurs aventures.

On profite donc de ce lieu sympa et du soleil même si l’eau est un peu froide. On explore jusqu’à la troisième cascade en faisant un peu d’escalade et on en profite pour faire un grand saut à 6 m. Je ne suis pas serein mais c’est génial !

Dans le bus pour rentrer dans le centre

Le soir Marty nous rejoint à Sucre. Il vient de faire 3 jours de moto depuis la jungle. Il est donc crevé mais très motivé pour sortir faire la fête ce samedi soir.

La soirée commence par un spectacle de danse au grand théâtre. L’asticot avait repéré ce ballet à seulement 25Bs mais finalement ça commence par la représentation des enfants. Je suis sacrément déçu, je ne m’attendais pas à me retrouver au milieu des parents qui filment leur progéniture faire de la danse classique très approximative. J’ai déjà vécu la même situation en France c’est fou comment nos mode de vie se ressemblent.

La soirée continue avec un cours de salsa et batchata dans un bar du centre ville. Il n’y a presque personne au début à part un groupe de mamies venues de Santa-Cruz. Les autres rentrent donc à l’hôtel et manger un morceau. Je suis le seul à rester toute la soirée et c’est très sympa. La prof me prend en exemple et on apprends pas mal de pas. Du monde se greffe au cours progressivement et il y a une bonne ambiance. C’est également dans ce bar que je bois ma première bière potable de Bolivie. De la bière locale artisanale qui n’est pas de la pilsner comme partout ailleurs.

Alexis et Marty me rejoignent à temps pour décaler à un autre bar avec la prof de salsa où un de ses amis fête ses 28 ans. C’est une sorte de bar dansant fréquenté uniquement par des locaux où un concert vient de se terminer. C’est vraiment sympa, tout le monde est amical, on discute et on danse pas mal. Marty se fait dragué par la prof de salsa. Je rentre à pied à 2h mais Blaireau et Marty finiront la soirée un peu plus tard dans une boite un peu sombre.

Dimanche 28 août on se lève tous à différents horaires et on se balade un peu chacun de notre côté ou a plusieurs. A Sucre, le dimanche c’est un jour de fête qui est réellement chômé. Le centre est piétonnisé, il y a moins de magasins ouverts et le marché est fermé l’après-midi. Ça fait du bien, l’ensemble de la ville semble plus calme.

Marty nous dit même que c’est la première fois après 1 an en Amérique du sud qu’il remarque un truc particulier le dimanche. En fait il ne sait jamais quel est le jour de la semaine car les magasins et les transports tournent 7j/7 et il n’y a pas vraiment d’horaire. Je me rends compte qu’avoir des vrais dimanches fériés et des magasins qui ferment la nuit c’est un luxe de pays développés.

Le dimanche matin il y a de nombreuses animations dans le centre : orchestres, danseurs, concerts, défilés… Guillaume tombe même sur une course de kart dans un autre secteur pietonnisé du centre ville. On a l’impression que c’est un jour de fête particulier mais on nous explique que c’est comme ça tous les dimanches. Vraiment Sucre est une ville où il fait bon vivre.

Il ne faut pas s’emballer non plus, il y a des sacrés inégalités et même si on se sent bien dans ce centre ville occidentalisé, on ne peut ignorer la misère. Il y a beaucoup d’enfants très jeunes qui viennent mendier à chaque table de restaurant en particulier le weekend. On en a même vu à 2h30 du matin dans une discothèque un soir de semaine. C’est difficile de savoir comment réagir dans cette situation car on ne veut pas encourager cette pratique.

À côté de l’ancienne gare de la ville est abandonnée une vieille locomotive à vapeur. On passe un peu de temps à la visiter et à essayer de repérer les fonction de chaque pièce et chaque tuyauterie. Blaireau était passionné par les locomotives à vapeur quand il était petit, c’est vraiment une machine fascinante. Une exposition temporaire sur le patrimoine industriel minier bolivien nous donne envie d’aller découvrir d’autres reliques de cette époque. Il faut savoir que le chemin de fer relativement développé en Bolivie a presque complètement disparu depuis 1940. Beaucoup de mines ont fermée et il y a un énorme patrimoine industriel que le pays cherche maintenant à valoriser. Avec Blaireau on décide donc de partir le lendemain explorer des villages cités dans l’exposition.

C’est le dernier soir tous ensemble à Sucre. Asticot et Marty partent rejoindre Flétan à Uyuni visiter le désert de sel tandis que je vais continuer le voyage avec Blaireau vers le Pérou où il a son avion pour rentrer le 14 septembre. On va manger au restaurant mais Blaireau doit rentrer car il ne se sent pas bien. Il subit à son tour les indigestions et son régime au Smecta ne suffit pas. Le plan d’aller retrouver nos amis allemands d’hier est avorté donc on termine finalement la soirée à discuter avec Asticot et Marty. Ça fait bizarre de se dire que c’est déjà la fin du voyage tous ensemble. Je serais bien resté avec les autres, on avait une bonne synergie et tout est passé si vite. Néanmoins il faut faire des choix et on a pas tous les mêmes priorités sur ce qu’on veut faire avec le peu de temps qu’il nous reste.

Le dernier repas du Bolivouhack Crew
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3 Comments

  1. MARIE PIERRE

    merci pour ce super témoignage bien détaillé.
    J en sais un peu plus sur l histoire de la Bolivie !!
    Voyage avec beaucoup d’inconnus et de surprises au quotidien donc
    Je comprends donc que Blaireau te quitte le 12 sept
    comment t organises -tu ensuite pour rejoindre les autres ?
    Bises

  2. Existe-t-il une vidéo de Pivot qui fait de la salsa avec une mamie ? C’est pour un ami.

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