Le Bolivouhack selon Pivot #6: retour à la capitale

0

Mercredi 31 août : réveil à l’auberge jeunesse dans le centre de La Paz. Liam est dans notre dortoir et se réveil en même temps que nous. On a tous du linge sale depuis plusieurs jours et il nous propose d’aller le déposer dans une laverie. Dans le hall on discute un peu avec des anglais qui viennent d’arriver et pensent aller dans la jungle. Je leur passe le contact de notre guide. Au moment de partir Liam commence à tchacher avec une colombienne qui bosse quelques semaines dans l’auberge pour financer son voyage. Avec Alexis on attend puis on se barre, on a bien compris les priorités de Liam et que c’est un mec pas fiable.

On trouve une petite laverie où qui s’occupe de tout notre linge pour moins de 3€. On en profite pour passer au terminal de bus à côté pour se renseigner sur les bus pour Cusco. Le seul trajet proposé est super cher (200Bs) et part le lendemain matin car la frontière est fermée pour les véhicules en soirée. En discutant un peu avec des gens on apprends qu’il y a d’autres transports qui vont dans cette direction au terminal de El Alto mais on nous fait comprendre qu’il ne faut surtout pas aller là bas (Muy frìo ! Muy peligroso !) Il faut savoir que El Alto c’est la banlieu qui s’est développée de façon sauvage sur le plateau au nord de La Paz suite à l’exode rural massif des Ayamaras qui vivaient de l’élevage sur l’Altiplano. Dans les années 1980 une ville a officiellement été créée pour essayer d’organiser administrativement cette banlieu qui compterait aujourd’hui près de 1 million d’habitants. Avec l’arrivée du téléphérique, elle est aujourd’hui moins isolée de La Paz mais c’est encore une zone hautement déconseillée pour les touristes. En réalité ce n’est pas un coupe gorge, on y a passé du temps avec les autres et on commence à bien connaître le terminal.

Après un repas rapide on monte au mirador de Killi Killi pour profiter de la vue. C’est un petit parc très sympa sur un promontoire rocheux qui surplombe la ville. La vue est impressionnante avec cette ville tentaculaire qui s’étale sur toutes les collines autour et les lignes de téléphérique un peu partout. On reste un long moment pour faire une sieste, et se poser. C’est aussi le moment d’appeler la mif et les p’tits potes en France avant qu’il ne soit trop tard là bas. J’ai trouvé un site qui permet de faire des appels téléphoniques en ligne gratuits et j’en profite pour prendre des nouvelles de mon grand père qui n’a pas internet c’est vraiment top !

Depuis le mirador, on ne s’en lasse pas

L’après-midi on descend dans les petites ruelles sympas du centre ville pour visiter le musée de la Coca. En réalité c’est une mini expo très à charge contre la répression de cette culture. On nous donne un gros livret avec la traduction de toutes les explications en français c’est bien pratique. On apprend que la feuille de coca a été un ingrédient essentiel de la culture andine depuis des millénaire. Elle servait pour toutes les transactions dans civilisations précolombienne qui n’avaient pas de monnaies. Elle a également été à l’origine des relations commerciales entre les éleveurs de lama de l’Altiplano et les cultivateurs des vallées amazoniennes. Ce sont ces échanges qui sont à l’origine de la richesse de la culture andine. On apprend aussi les étapes pour en extraire la cocaïne et les ravages de cette drogue. Apparemment les colombien ont développé une nouvelle technique très efficace et c’est dans ceux pays qu’est produit la majeure partie de ce qui est consommé en occident. La mastication des feuilles ne serait pas dangereuse et aurait au contraire de nombreuses vertues médicinales. Quand on voit tous les boliviens en permanence la joue gonflée par une énorme poignée feuilles de coca, je me dis qu’il doit forcément y avoir une forme d’addiction quelque part. Par contre c’est bien dommage qu’on ne puisse pas la consommer en tisane en Europe.

Le soir on prend un verre à l’auberge jeunesse avec d’autres voyageurs. Habituellement on est surtout resté dans des alojamientos pas cher boliviens mais cette fois ci on est dans un hostel un peu international sur les recommandations de Liam. Au centre de l’Auberge, le patio couvert sert de lieu de convivialité. Tout le monde est là pour taper la discute et l’atmosphère est sympa. Il y a un couple d’anglais, une allemande et une argentine qui voyagent seuls ainsi que d’autres anglais de passage. Certains d’entre eux travaillent pour l’hostel (5j/7 5 heures par jour). On ne connaissait pas cette possibilité mais avec Alexis on se dit que c’est une bonne solution pour voyager à moindre frais.

Le patio convivial de l’hostel

A 22h on décide de décaler dans un bar, Liam connait une sorte de boite sur l’avenue principale. En réalité le lieu est fermé tout comme les 2 autres que l’on tentera par la suite. On nous avait prévenu que les peuples de l’Altiplano ne sont pas très fêtards, et c’est normal qu’avec le froid tout le monde reste chez soit mais dans la capitale on espérait quand même trouver des trucs ouverts un mercredi soir. Après plus d’une heure à marcher dans les rues du centre de la Paz on trouve un bar dansant animé. Il y a moins de 30 personnes mais on passe une soirée géniale. La musique commerciale (le regaton habituel) est remplacé à la fin par de la cumbia locale. C’est pas si mal parce que tout le monde danse en ligne, les pas sont simples et les habitués s’amusent à nous apprendre des mouvements. Je retrouve certains aspects des danses folks comme on les aime.

Notre équipe internationale en revenant de soirée

Jeudi 1er septembre : matinée carte postales pour blaireau. C’est pas évident parce qu’ici on en trouve pas donc il faut créer un design et aller dans une boutique pour les faire imprimer. C’est pas si mal, ça permet de faire des trucs personnalisés et vraiment sympa. Si vous ne recevez pas de carte postale envoyez moi votre adresse, j’ai galèré encore une fois avec cette dernière étape ^^

Ce jeudi, c’est aussi jour de marché à El Alto, on y fait un tour rapide mais on a pas le temps d’y trainer beaucoup car on a un planing séré. Le marché est gigantesque, je suis très impressionné par les kilomètres d’avenue qui sont recouverts de toiles et de badauds. Encore une fois je n’arrive pas à comprendre comment tous ces commerçants qui vendent la même chose arrivent à s’en sortir. C’est peut-être le plus gros mystère que je n’éluciderai pas avec ce voyage

Désolé c’est un peu décousu, n’hesite pas à skiper les passages

Après avoir acheter de quoi grignoter pendant le voyage (pain et raisins) on prend la route pour Cusco. Cela consiste en un téléphérique à travers El Alto jusqu’au terminal, puis un minibus de 2h jusqu’à la frontière péruvienne. On prend ensuite un autre minibus jusqu’à la grande ville de Puno où on prend un bus de nuit pour Cusco à 22h. On avait un peu peur en anticipant ce trajet compliqué mais encore une fois on a pas été déçu par les transports locaux : tout est huilé et s’enchaîne parfaitement. L’ensemble revient 2 fois moins cher que le direct qu’on nous avait proposé la veille. On est même arrivé avec une heure d’avance à Puno car on avait oublié de prendre en compte le changement d’heure.

Le passage de la frontière est intéressant car c’est vraiment à l’ancienne : un pont entre les 2 pays avec les douaniers et des grosses barrières basculantes de chaque côté. On passe dans chaque bureau pour avoir notre coup de tampon réglementaire. En tant qu’occidental on a le droit à 90 jours par ans sans visa dans chacun des deux pays donc on peut aller et venir sans problème. Le passage pour les véhicules semble déjà fermé en cette fin d’après midi mais beaucoup de piétons locaux traversent sans passer par le bureau de douane et cela ne semble pas poser problème.

De l’autre côté on tombe directement au milieu d’une manifestation d’un parti pour les élections. C’est un cortège très étonnant ‘mais je reviendrai dessus dans un prochain article. On s’occupe avant tout de retirer de l’argent et de me trouver une carte sim. Blaireau change ses Bolivianos pour des Soles Péruviens. Encore une fois je reste interloqué par ce trottoir où se rassemblent plus d’une quarantaine d’agents de change qui ont chacun le même petit bureau et la même calculatrice. Rien ne les démarque entre eux et ils semblent rester là toute la journée sur leur smartphone à attendre les rares clients. Ils nous ignorent même à moitié et ne se battent pas pour changer notre argent. Je ne sais vraiment pas comment ils arrivent à en vivre avec le taux de change si bas qu’ils proposent. Le mystère reste entier…

Travelers' Map is loading...
If you see this after your page is loaded completely, leafletJS files are missing.

One Comment

  1. Pingback:Le Bolivouhack selon Pivot #7 : Cusco, sur les traces des inkas – BivouHack Live

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *