Le Bolivouhack selon Pivot #8 : retour solitaire en pays Inca

0

A peine après avoir dit Adios à Blaireau je me retrouve à monter dans la cabine d’un semi remorque pour Cusco. En effet les taxis collectifs sont hors de prix 25 Soles (le double de ce qu’on a payé pour venir). J’essaye de faire du stop avant d’accepter et ça marche ! C’est la première fois que je monte avec un camionneur et je ne suis pas déçu de l’aventure !

A bord du camion avec Daniel

Il fait déjà nuit et le camion fonce sur les routes en épingles dans les montagne. En effet, il est assez récent (5ans) et la remorque est vide donc on double tous les vieux camions chargés qui traînent. Le chauffeur est super cool et on arrive à discuter de pleins de choses. Il a un ami qui est camioneur en Europe et apparement ce qui lui manque le plus c’est la street food. En effet au bord des routes ici on peut acheter de quoi manger partout à moindre prix mais en Europe les camioneurs font leur popote eux même sur les aires d’autoroute car tout est trop cher. C’est vrai que ça rend la vie de camioneur encore plus solitaire. Ici l’ami est content de pouvoir sociabiliser et arrondir ses fins de moi en prenant des passagers. Le trajet me coute 10 ce qui est beaucoup plus raisonnable (une fois qu’on a accepté qu’il n’y a pas d’auto stop gratuit dans ce pays).

Mon objectif est d’aller à Urubamba malheureusement j’ai mal anticipé les flux de transport locaux et je descends à Izcuchaca au lieu de l’embranchement suivant. Une prends donc ensuite un colectivo + une voiture en autostop qui termine à Chinchero. Il commence à être tard, j’ai la flemme de galérer à aller plus loin, je terminerai demain. Dans cette petite ville tout est déjà fermé et il n’y a que 2 hostel sur la place principale. C’est une bourgade un peu triste mais en plein développement car un énorme aéroport international y est en construction pour décupler le nombre de touristes venant visiter la région de Cusco. Le mec qui m’a pris en stop m’explique tout de même que personne ne sait quand il ouvrira (5 ans ? 10 ans ?) le chantier semble avoir du plomb dans l’aile. Il faut dire que l’aéroport actuel de Cusco est en plein coeur de la ville. Sur les cartes c’est un peu choquant mais sur place je n’ai jamais été dérangé par les bruits d’avion.

La nuit à l’hotel fait beaucoup de bien après les 5 jours de rando. Je profite d’Internet retrouvé après une un si long sevrage. Malheureusement je me lève plusieurs fois dans la nuit pour aller aux toilettes. Visiblement le restau chinois de l’après-midi ne passe pas du tout, j’ai bien fait de me coucher le ventre vide.

Dimanche 11 septembre, je continue à aller aux toilettes toutes les deux heures mais cela ne m’empêche pas de terminer ma route jusqu’à Urubamba et d’y prendre un bus pour Ollantaytambo. L’avantage de faire la route de jour c’est de pouvoir admirer le paysage. La vallée sacrée des incas est vraiment magnifique. Je comprends mieux pourquoi ce fut le berceau de leur civilisation : la terre est fertile et les pentes sont beaucoup plus douces qu’ailleurs. Il y a donc des fermes avec des minis champs en bocage partout. Je regrette vraiment d’être coincé dans le bus et de ne pas pouvoir descendre toute cette vallée en vélo. Il y a des curiosités et des sites incas tous les 2km par ici donc du cyclotourisme serait parfaitement addapté. Malheureusement j’ai mon énorme sac de 9kg et il n’y a presque pas de loueurs de vélos par ici.

Ollantaytambo est connu pour son site archéologique remarquable et son centre ville préservé. Ce dernier a gardé son aspect de l’époque inca notamment les rues en quadrillage avec l’eau canalisé et les premiers niveaux de tous les bâtiments sont en murs incas. Bien entendu les rues sont étroites et l’ensemble est piéton car ils n’avaient pas de véhicules. L’atmosphère dans ces ruelles pas si touristiques est donc vraiment sympa. Je visite également le sanctuaire en glanant les explications des guides que je croise.

Le système de visite guidée dans les sites touristiques au Pérou est intéressant : il y a rarement des guides officiels ou des visites proposées directement par le musée. En revanche à l'entrée on est accueilli par une armée de guides locaux proposant de nous faire le visite. Pour faire baisser leurs tarifs la technique est donc de demander à partager avec d'autres visiteurs qui arrivent en même temps. C'est un peu technique et il faut toujours privilégier les guides en espagnol car c'est souvent plus intéressant et on évite de tomber souvent anglais approximatif. Malheursement il y a rarement beaucoup de panneaux d'explication, prendre un guide est donc souvent une obligation si on souhaite comprendre ce que l'on voit. 

On m’avait prévenu que ce site était très visité l’après-midi et effectivement je me retrouve à slalomer entre les groupes et à patienter dans les embouteillages pour redescendre. A ce moment là, ça me rappel beaucoup les escaliers bondés su mont-saint-michel. Ce n’est pas forcément un mauvais souvenir les deux sites sont chargés d’histoire et fascinants à parcourir.

Je profite d’un point de vue un peu tranquille pour me poser et appeler mes proches. Pendant la rando on pas mal discuté de comment garder contact avec les gens auxquels on tient et passer un coup de fil c’est un premier pas super important. Je passe donc plus de 2heures au téléphone avec différentes personnes et ça fait du bien. Heureusement que les forfaits ici ont whatsapp illimité.

A 17h je mange mon premier repas après 24heures de jeune. Je suis en forme mais je n’ai pas faim et je ne préfère pas prendre de risque donc je me contente d’une salade. J’en profite pour recharger mon portable et planifier la suite.

Le marché d’Urubamba

Je reprends un bus qui me dépose dans la vallée au niveau des Salineras de Maras. Une bonne demie heure de montée plus tard je découvre le spectacle malgré la nuit qui est déjà tombée. Ce lieu est unique dans la région car une source d’eau salée coule dans la vallée. Depuis des millénaires des marais salants en terrasse ont été aménagés pour exploiter le sel. A l’époque inca le sel avait plus de valeur que beaucoup de métaux car il permet de conserver la nourriture et la mer était très loin. Encore aujourd’hui l’eau saumure continue de couler et les marais salants sont exploités.

Le vent est très violent en particulier au sommet de la coline mais c’est le seul endroit plat pour planter la tente. J’arrive à la monter légèrement à l’abri de la broussaille mais en ne couchant j’entends la tempête et j’ai peur que la tente se déchire ou que des sardines lâchent. Au levé du soleil vers 6h je me lève sur une vue magnifique et maintenant un calme plat. Le vent a totalement disparu ! Je passe du temps au téléphone depuis un point de vue à admirer la lumière du soleil inonder progressivement les marais salants et les perruches vertes qui volent dans la vallée.

Lundi 12 septembre, je range la tente et je redescend prendre un bus pour Urubamba. J’en profite pour passer voir la récolte du sel de plus près et pour acheter un peu de fleur de sel.

A Urubamba je passe à nouveau un peu de temps posé dans un parc au téléphone notamment avec un ancien collègue de mon stage qui a besoin de mon aide pour comprendre comment debugger la machine qu’on a conçu ensemble. J’avoue je suis parti en vacances sans laisser trop de docs et ça m’intéresse pas mal de débloquer les choses avec lui à distance. Je m’autorise enfin à manger quelque chose le midi même si je n’ai toujours pas faim.

L’après midi est consacrée à la visite express du site de Pissac. La vallée était totalement exploitée par les incas et un site gigantesque en reste témoin sur tout un pan de montagne. La rando de plusieurs kilomètres sur un chemin de crête me conduit de ruines en ruines. Il y a des restes de villages, de temples et surtout des énormes terrasses érigées de part et d’autre de la montagne. C’est intéressant car certaines constructions sont abritées et il reste la partie supérieur en terre crue.

Après une visite un peu express je prends le premier mini bus partant pour Cusco. J’ai fini m’a visite de la vallée sacrée des inkas et une nouvelle étape de mon voyage s’ouvre.

Je dois admettre que ces premiers jours sans les autres ont été plutôt solitaires. C’est toujours le risque quand on voyage seul et à part les chauffeurs lors du stop je n’ai pas eu de vrai conversation pendant ces 2 jours. Le fait de dormir en tente dans mon coin n’aide pas et j’ai clairement pas suffisamment cherché la discussion avec les gens que je croisais. Je me suis un peu réfugié dans les appels à mes amis en France, mais je n’ai aucun regret car c’est quelque chose que je ne prends pas suffisamment le temps de faire. En tout cas c’est décidé, à partir de maintenant je vais aller plus au contact !

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *