Le voyage de Marty, Ometepe #jour174

Réveil chill. Mon genoux a tellement suinté que le drap a des traces de partout, je ne m’attendais pas à ça j’avoue. Leo le rigolo lance un appel de groupe, on passera 1h à discuter de nos expériences respectives. Il veut sûrement venir avec moi en juillet août pour faire de l’alpinisme au Pérou et en Bolivie ! Ça serait super cool ! Il me dit qu’il a trouvé une ferme au centre du cercle polaire arctique en Norvège à garder pour un an à partir de Septembre. S’il le fait je viendrai 2-3 mois de mai à juillet je pense ! Ça serait un sacré délire ! Le souci c’est qu’il n’y a rien à faire la bas, juste garder la ferme. Un an sans rien faire c’est long haha !

Je prend ma douche, nettoie mes plaies qui suintent toujours autant et écris. Je sors manger. Je prend un plat typique d’ici, du bœuf effiloché. C’est bon mais c’est chaud et il faut déjà super chaud ! Les nuages et le vent sont partis, il fait super beau mais aussi super chaud.

Je rentre et retrouve Esmeralda. Elle me dit que pour la moto elle va à l’atelier faire repeindre ce qui a été abîmé et elle me dira le prix. Je l’attend dehors. Elle revient, j’écris. J’en aurais pour 700 Córdobas soit 20$ donc 17,5€. Sachant que j’ai payé le jour 3 pour rien cette chute m’aura coûté 30€ en gros. Bon, ça va.

Le parc pour enfant est ultra coloré

Détail important : je vais retirer des sous et pour la première fois du voyage je ne cache pas tout dans ma ceinture : j’ai un peu la flemme, il ne m’est jamais rien arrivé et aujourd’hui je reste ici, je ne bouge pas.

J’écris. Le guide me dit de ne pas couvrir la plaie et de laisser sécher, juste désinfecter. C’est ce que je voulais faire à la base mais on m’a filé de la crème. Je me fais toujours avoir parceque je fais toujours confiance aux pharmaciens mais à chaque fois ils te disent de mettre des pansements et de la crème sauf que ça soigne rien au bout d’une semaine t’en es toujours au même point. La vraie solution c’est ça : désinfecter et faire sécher. C’est ce que je voulais faire à la base. Ça ça me gave, je comprend pas pourquoi ils disent toujours de mettre de la crème alors que ça sert à rien. Soit disant pour pas que ça s’infecte mais bon, au final au lieu de passer 2 mois à cicatriser ça se fait en 2 semaines donc je ne sais pas ce que est le mieux.

Je vais voir le coucher de soleil en marchant.

L’aéroport
Les routes pavées d’Ometepe

Il est vraiment magnifique ici, c’est clairement le meilleur spot de l’île pour voir le coucher de soleil. Aujourd’hui il y a beaucoup plus de monde et de touriste que dimanche, c’en est bizarre, dimanche il n’y avait vraiment pas grand monde. Sublimissime avec le reflet des couleurs sur le sable mouillé. Je reste encore jusqu’à la fin. Je parle vite fait avec des canadiens qui sont en vacances au Nicaragua une semaine seulement. Ils me disent qu’ils mangent et reviennent après voir les étoiles. On se retrouve 1h plus tard et on discute un peu en regardant les étoiles. Ils rentrent, ils se lèvent à 5h demain pour monter le volcan.

J’apprends que le feu que j’avais vu hier et celui que je vois aujourd’hui de l’autre côté de l’île c’est pour brûler les Cannes à sucre. En les faisant brûler ça fait sortir le sucre pour en faire du rhum.

Je pose mes chaussures de côté et voit 3 mecs qui boivent du rhum, je leur dit salud. C’est les mêmes qui étaient là hier, je ne leur avait pas parlé. Ils m’invitent, on discute, on rigole, on boit du rhum, un peu trop. Il y en a un qui est constamment en train de proposer du rhum aux autres. Je dit rhum mais ça n’en est pas, c’est de la merde qui sent juste l’alcool dans une bouteille plastique d’1,75L, titré à 25° et coûtant 4€ la bouteille. C’est un peu leur villageoise à eux. L’un d’eux me parle plus que les autres et est cool : il est journaliste. Les deux autres travaillent ici. Il fait un reportage sur l’île.

Il est sympa mais a un moment de la soirée il me demande si j’aime le contact physique et me demande si j’aime quand il me touche « ici » en approchant sa main de mon sexe pour toucher. Je l’arrête en cours, non frérot tu te calme. C’est fou que les gays soient toujours aussi… Hmmmm, je ne sais pas quel mot est le plus adapté. C’est pas vraiment entreprenant, c’est plus je trouve, mais disons ça comme ça. Tout le temps. Calmez vous putain.

Il me parle de sécurité et me dit de faire attention, même si Ometepe c’est tranquille. Ils me disent que j’ai de la chance de tomber sur eux, qu’ils sont cools. C’est marrant, quand quelqu’un dit ça, c’est très souvent de mauvais augure. Vous voyez venir la suite ? Bon, on va quand même raconter l’histoire hein !

Je me méfie un peu mais tant que je suis de mon côté de la table avec le mec cool et fait attention à mes poches ça va. Je bois pas mal, trop en fait, bien trop par rapport à ce que j’avais prévu. J’ai un défaut : je ne sais pas dire non à un verre. Après ils ont bu autant que moi je crois bien. Enfin je crois, c’est flou, pas sur au final, ils ont peut être fait semblant un peu. Le gay même si entreprenant est cool je le sens bien, les autres moins. Ils me disent que je n’ai pas besoin de rentrer à pied ils vont a Moyogalpa en scooter, en plus de nuit c’est pas top quand même.

Détail important : j’ai payé la bouteille de rhum et n’ai pas du refermer ma poche à fermeture éclair alors que je le fait tout le temps normalement. Preuve que j’étais bien bourré.

Les 3 premiers partent en scooter. On est 3 sur le second scooter, je suis au milieu. On pars sur le chemin, je me tiens au mec de devant 10m pcq le chemin est pas top mais en fait ça va c’est stable. Je sens un truc sur ma poche, je touche tout de suite : mon portefeuille a disparu. On s’arrête tout de suite, je demande au gars derrière de me le rendre, il me dit qu’il ne l’a pas. Me prend pas pour un con. Il n’a pas peu avoir le temps de me voler quoi que ce soit, c’était trop rapide, je lui dit que je lui donne 500 ou 1000 córdobas et qu’il me rende mon portefeuille, j’en ai besoin. Il persiste. Le conducteur me dit qu’on fait demi tour sur le chemin pour le retrouver. Évidemment on ne le retrouve pas. C’est à ce moment, quand j’étais en train de chercher par terre, qu’il a pris les billets et a balancé par terre le portefeuille sans que je le vois. On refait demi tour et bizarrement on retrouve mon portefeuille par terre. Je descend du scoot et a l’instant même ils partent en trombe. J’ai tout mes papiers mais plus aucun billet. Vous vous rappelez des « détails importants » de l’article ? Pour la première fois je n’ai pas caché mes billets et pour la première fois j’ai oublié de fermer ma poche. Et c’est la première fois que je suis aussi bourré avec des inconnus sans qu’il n’y ai une très bonne vibe. 200€. Ils m’ont tiré 200€. Putain fait chier. 185€ pour être exact vu que j’ai payé diverses choses aujourd’hui. Évidemment je n’avais pas encore payé les réparations de la moto.

Au moment où ils partent, inutile de courir le scooter va trop vite, je suis torché mais je n’en oublie pas totalement mon espagnol et les gratifie en gueulant d’un « hijo de puta, chinga tu madre ». Je vous laisserai le soin de chercher sur Google trad ce que ça veut dire.

Bon ben niquel, j’ai 1h de marche pour réfléchir à ce qu’il vient de se passer. De toute façon je n’ai plus rien, on ne va pas me voler de l’air. Quoi que j’ai mon téléphone mais bon. Vous la sentez la couille venir ? Non je déconne, faut pas abuser non plus 😂😂😂

Bon, ce trajet je ne m’en souviens pas, j’étais torché. Je rentre et me couche, aucun souvenir de ça non plus.

Je relativise et me dit que ces 200€ leur serviront bien plus à eux qu’à moi. J’espère juste qu’ils s’en serviront pour autre chose que des bouteilles d’alcool premier prix en bouteille plastique. Pour nous c’est un sixième du smic, pour eux c’est un smic. Je veux dire… C’est pas excusable mais c’est compréhensible. Après je pense qu’il ne pensaient pas trouver 200€ dedans aussi. Et moi je pensais que quand ça m’arriverai (parceque ça allait forcément m’arriver un jour, c’était quasi inévitable) je ne viendrai pas tout juste de tout retirer et laisser dans mon portefeuille. En plus de ça je suis tombé sur la plage (aucun souvenir), j’ai du sable sur ma plaie et mal à la cuisse droite. Je boîte des deux jambes maintenant. Bref, une bonne soirée.

Ceci étant, ça ne m’empêchera pas de voyager comme je l’entend. C’est pas parceque j’ai fait de la merde et que je suis tombé sur des connards que c’est le cas tout le temps. Si ça arrive une fois tous les 6 mois, ça ira.

Ça fait 2 leçons de vie en 2 jours, ça fait beaucoup là, si dieu veut bien me laisser tranquille pour les prochains jours je lui en serai reconnaissant. Amen.

Bilan : 2230 Córdobas + 7400 Córdobas de vol soit 56€ + 185€

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