Le voyage de Marty, Huayhuash 5 #jour298

Je tease : une sacrée journée s’annonce ! On se réveille le matin vers 6h30. Il a fait tellement froid cette nuit que la tente a gelé à l’intérieur. Mais genre vraiment : il y a de la glace sur la paroi intérieure. Le dessus de mon sac de couchage est également un peu givré. Ca veut dire que l’extérieur de mon sac était à max 0°C, donc il faisait peut etre -5 dans la tente et -7 dehors ? On n’a pas de thermomètre, mais bon, en sortant du sac de couchage on comprend bien qu’il fait vraiment froid. Ceci dit, avec mon bonnet sur la tête et mon gros sac de couchage, j’ai très bien dormi. Sac de couchage validé haha ! On se lève. Le pauvre Alex n’a pas beaucoup dormi cette nuit : avec son sac de couchage +10°C alors qu’il faisait 25°C de moins, je ne sais pas comment il a fait. Pour le coup, lui le dessus de son sac est vraiment gelé, et il ne sentait plus ses pieds ce matin. Pour autant, comme hier, c’est lui qui a le plus gros sourire de tout le groupe.

Heureusement le soleil ne tarde pas a nous réchauffer. On range tout et on fait les 100m de dénivelé positifs pour arriver au col. Nous sommes à 5000/5200m d’altitude. Au fait, le cuy a bien survécu a cette nuit ! Honnêtement j’ay croyais pas trop. Bon, ceci dit il a pas l’air hyper bien non plus. Je l’avais mis dans son sac, dans un autre sac puis dans la couverture anti-pluie de mon sac à dos pour qu’il soit au maximum au chaud. Finalement, je l’avais mis dans ma tente au niveau de mes pieds. Dehors aurait été trop froid.

Arrivé au sommet, la vallée s’ouvre à nous et le soleil nous réchauffe bien. Short T-shirt sont suffisants. On prend un peu le soleil et je réchauffe le cuy. Je propose à Alex de terminer le LSD que j’avais acheté en Colombie. Il est chaud. En vrai c’est le jour idéal : on n’a que de la descente, pas d’effort physique particulier et il fait hyper beau. On partage donc la moitié de la dose qu’il me reste (environ 1.5 dose). L’idée c’est d’être bien mais pas trop non plus, comme la dernière fois en Colombie. On entame la descente tranquilou tous ensemble.

Au bout d’une heure, toujours aucun effet du LSD. Il est vieux, il a parcouru des milliers de kms, il a pris chaud, froid, l’humidité, la sécheresse … Le truc est peut etre mort … Je suis un peu décu et ne mange pas trop, au cas ou. Je propose à Alex de partager le reste. Il me dit qu’il vaut mieux tant qu’à faire que je prenne tout si je veux avoir un effet. Je refuse : soit on le prend ensemble au risque qu’il se passe rien, soit je le balance. On partage donc en 2. Après 30min de marche en plus on fait une pause pour manger. Pas trop d’effet, un peu décu mais prévisible. Et en fait, on sent le truc arriver tout doucement vers la fin du repas. On a pas trop mangé au cas ou donc c’est niquel. On décide donc de faire deux groupes : Alex, Mireille et moi d’un coté, de l’autre le reste du groupe. On sait qu’on va mettre plus de temps qu’eux et qu’on va trainer un peu. Et puis c’est plus cool d’être en comité restreint, on sera plus dans la vibe du truc.

Plus le temps passe et plus on le sent. Cependant c’est hyper doux, c’est pas du tout un truc violent, bien au contraire, et c’est grave cool, c’est ce qu’on voulait. On se met à être plus léger, plus souriant. Tout est plus beau. Ca me fait un peu le même effet qu’en Colombie évidemment. Les couleurs sont plus brillantes, les formes plus harmonieuses, les paysages déjà sublimes deviennent incroyables. On s’arrête pleins de fois avec Alex pour regarder le paysage, profiter de l’instant. Il y a du soleil, il fait beau, on est hyper bien. On se poserait bien pour profiter du paysage bien plus souvent mais Mireille nous fait avancer. Ceci dit, c’est plutôt mieux comme ca parceque plusieurs fois on se dit avec Alex qu’on camperait bien ici hahaha

Au bout de la vallée, une descente un peu raide et une cascade pour descendre dans une autre vallée. La cascade est superbe et le paysage magnifique. On rejoins le groupe des autres : en fait ils sont juste devant. Du coup on fait une pause à la cascade et Alex m’offre du chocolat hyper bon. Ca me régale tellement ! Ca fait tellement longtemps que je n’ai pas mangé de bon chocolat, moi qui adore ca ! On passe un super bon moment tous les 2 avec Alex. Quand à Mireille, elle a déjà pris ce genre de choses avec Alex donc elle sait ce que c’est et puis on est pas relous du tout donc ca va.

On arrive au village en fin d’aprem après une magnifique journée. On trouve un hôtel, on se douche et on se retrouve tous dans le village. Oscar a tracé devant aujourd’hui, il en avait marre de toujours attendre le groupe et avait besoin de son moment solo et marche sportive. Il nous raconte que quand il est arrivé dans le village, les gens étaient en train d’égorger un veau. Aujourd’hui c’est la fête patronale du village ! On est arrivés PILE le jour de la fête patronale. Incroyable. C’est lui qui s’est chargé de trouvé un hôtel et où manger du coup.

—————————Apparté : réflexion une fois tranquille sur mon lit, douché———————–

Le LSD termine de redescendre et je me sens vidé. Psychologiquement et physiquement. Je me reposerais bien et me mettrais bien à divaguer tranquille dans mon lit. Je me met à penser :

Pendant que le monde réfléchis à s’il faut être vegan ou pas, aux émissions carbones, à la fonte des glaciers, aux voyage d’un week end dans l’espace, au prix du pétrole ou à l’achat de l’Afrique par la Chine, eux ils sont là, pépouse dans leurs montagnes, depuis 2000 ans et pour 2000 ans de plus sans rien demander à personne, sans se poser de problème autre que de récupérer les œufs pondus le matin et les faire frire à midi. Une vie physiquement plus rude qu’un appartement parisien et bien plus saine, mais aussi intellectuellement tellement plus simple. Il n’y a pas de problèmes ici. Je ne sais pas dire à quel point l’homme a besoin de stimulation intellectuelle. Si c’est vraiment important ou non. C’est ce qui fait qu’on est “développés” au point où on en est. Mais à quoi bon ? En se créant des solutions l’homme développé s’est surtout créé de nouveaux problèmes. Pourquoi cette recherche permanente de plus ?

Je veux dire, j’ai été élevé avec cette culture, je le comprend en un sens, mais j’ai l’impression qu’on joue et on fait la compétition à la vie sans aucun sens. Ça me fait penser à quand on jouait aux jeux sur téléphone quand on était au collège. Le jeu ne nous apprenait rien, il n’avais pas d’intérêt propre, ou du moins il ne nous intéressait pas, par contre on passait notre temps à se mettre en compétition les uns les autres, à se dépasser pour obtenir un chiffre plus grand sur un écran. Et quand le jeu passait de mode, il passait de mode. Le but même du jeu, l’intérêt même du jeu, ne résidait que dans le fait qu’on s’y fasse la compétition. Dès que cet aspect disparaît, pouf, le jeu disparaît aussi. En grandissant on se rend compte que ce genre de jeu n’a pas d’intérêt et on arrête. Mais j’ai l’impression que le monde de l’homme moderne est identique à ce jeu. La recherche de la compétition, du toujours plus, dans un jeu, la vie, qui n’en demande pas tant, rien d’autre que d’être appréciée comme elle est et à sa juste valeur. Et le jour où on se rend compte que ce jeu, de la vie, n’est pas si différent que celui auquel on jouait étant ado, et qu’en réalité courir après les chiffres et la compétition n’a pas plus de sens dans la vie que dans le jeu, on se met à regarder ce jeu de la vie, à s’y intéresser, et à ce rendre compte qu’il est bieeeeeen plus intéressant que ce a quoi l’on pouvait le réduire au premier abord, bien plus riche.

Bon, je laisse ça ici, l’apero, la bière et les Pringles m’attendent ! J’enfile mes chaussettes bien chaudes en mérinos et je décolle. Ma modernité c’est cool aussi.

————————————————-Apparté terminé———————————————-

Ainsi, une fois propres, on se retrouve dans l’entrée de la maison d’hôte qui est aussi une épicerie et on boit une bière tous ensemble. Au début je dis non, je me sens épuisé mentalement avec ce qu’on a vécu aujourd’hui et je vais bien dormir ce soir. Et puis je me laisse tenter, c’est juste une bière. On va manger dans une des maisons (tout le monde est un peu auberge/restaurant ici haha). La nappe violette est magnifique. On se prend une autre bière et ils ont acheté une bouteille de rhum que je goute allègrement. J’aime la sensation de l’alcool fort dans la gorge et puis c’est la fête, je me prend pas la tête et je réfléchis pas trop. Là avec l’altitude, la fatigue physique du trek et des dernières semaines et la fatigue mentale d’aujourd’hui avec le LSD, c’était pas la meilleure idée. Et puis même les pires fois ou j’ai été bourré sans me souvenir de ma soirée … Je me suis réveillé dans mon lit, j’avais pris ma douche la veille, j’étais propre, mes vêtements posés sur ma chaise et mon téléphone en charge. La on habite à 50m, tranquille.

En sortant de table, on va à la soirée du village. Grosse ambiance, il y a tous les vieux du villages, autant dire 20/30 personnes, des musiciens et les gens dansent. A l’intérieur ils préparent à manger et à boire. Le repas ? des cochons d’Inde à la broche. On peut voir sur la photo ci dessous le monsieur arriver avec son cuy embroché. Dans les grosses marmites, un espèce d’alcool/vin chaud qu’ils préparent pour la fête. On nous dit pas trop ce qu’il y a dedans et ca a un gout assez inconnu je dois dire, c’est très spécial au gout. Je bois tranquillement mon verre vu que c’est pas hyper bon et je le sens moyen. Oscar se met à danser avec les locaux. Je me souviens de peut être 15-30 min de cette soirée, puis black-out, il est 21h30.

Bilan : 100 soles soit 25€

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